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Rentré de Bali le 25 octobre (1999) après y avoir séjourné 7 semaines. Sur le plan de l'étude de la culture et du système religieux, plein succès. J'ai travaillé (c'est un comble pour qui est censé ne rien faire) comme un fou, entouré de l'aide précieuse des balinais(es) qui me servaient d'interface entre leur monde et le nôtre. Je me suis d'autant plus axé sur la mise en place d'un glossaire qu'il n'existe aucun dictionnaire de balinais vers une langue internationale. Seuls les Hollandais en ont mis au point au début de ce siècle, mais en néerlandais que je ne parle pas encore et que les Hollandais parlent certes non sans apprendre une autre langue plus universelle. Quant à un dictionnaire moderne, inutile de compter sur l'Indonésie pour aller dans ce sens. Les autorités ne pensent qu'à normaliser vers la langue baasa indonesia (javanais) au détriment des autres langues. Ils normalisent tout, même la religion en imposant un dieu unique (comme dans le Coran ; l'islam est la religion dominante dans l'archipel, mais ne représente pas plus de 1% de la population à Bali). Mais comme Bali = religion hindoue = tourisme, tout n'est pas détruit ... parce que cela rapporte de l'argent à l'État centralisateur (cf. tout ce qui vient de se passer à Timor et nouvellement dans une province dont le nom m'échappe.
***** Vous lisez avec
attention! Dans la quatrième livraison vous aurez, j'espère
la réponse. Il faut garder en mémoire que les Balinais non
occidentalisés n'ont pas nos valeurs nord, sud, est, ouest. Pour
eux, il y a le mont Agung qui représente la direction Kaja et la
mer qui représente la direction Kelod. Kaja est bénéfique,
Kelod est maléfique. Nous compliquons les choses en faisant correspondre
Kaja à Nord, Kelod à sud... parce que nous avons besoin
d'un directionnel géographique. Leur directionnel est religieux
et fait fi de la géographie ! L'île de Bali est leur centre
du monde, le mont Agung est le "sommet" de leur monde, comme
l'est pour nous le pôle nord. Enfin, et ceci me paraît extraordinaire
: un Balinais qui perd son Kaja est à ce point perturbé
qu'il ne peut plus rien faire ; un danseur ne peut plus au sens physique
danser s'il a perdu son "Nord" qui détermine les directions
parce qu'il a perdu l'ordre cosmique sur lequel tout repose. |