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INDE Varanasi (Bénarès) Rajju qui n'est pas Rajju |
195------------------------------------ idée. "Je pourrais faire tenir ce magasin
ambulant par un commis (sous payé)". Un vrai chef d'entreprise
trop flemmard pour se salir les mains. Rajju tout craché. À
part tourner à ne rien faire ou à se faire éconduire,
Rajju ne se voit pas d'autre avenir. Il n'a d'ailleurs pas d'avenir.
Il sait pourtant tout à force d'user le pavé, une vraie
agence de renseignement capable de trouver n'importe quoi là
même où il est introuvable. Et incapable pourtant d'en
faire son fonds de commerce. Il dit, il promet, il finit pas faire mais
quand déjà il est trop tard et que la solution est trouvée.
Je lui demande un bon masseur, il en connaît ; je finis par le
trouver grâce au marchand de cartes postales. Il se sent alors
des ailes et me présente coup sur coup le masseur au juste prix
(renseignements recoupés par le très honnête propriétaire
de Sahi guest house). Il ne veut surtout pas de commissions. Pour l'oncle,
il fait tout pour le plaisir de l'oncle, bien sûr et pour ses
petits rêves, les siens, il va de soi. S'il m'offre un coca, il
espère que je vais le payer et lui en offrir un. Je n'aime pas
le coca, ce n'est pas de ma faute. Son plus grand plaisir est de me
demander ce dont j'ai besoin et de me dire ses soucis : une dent douloureuse,
sa femme malade, ses chaussures usées
traduire besoin de
médicaments, besoin de payer le docteur, envie de faire le beau.
Je suis sourd, devenu plus sourd encore à Diwali à la
suite d'une explosion. Il prend alors son air tragique que je connais
bien pour l'avoir déjà expérimenté sous
d'autres cieux. Il sombre dans un mutisme reposant, pousse de profonds
soupirs (que je ne peux pas entendre, surdité malheureuse oblige).
Tous ces petits travers qui font du rabatteur le plus insupportable
des voisins ou le plus amusant des comédiens tragi-comiques.
Une bonne journée lui est nécessaire pour se remettre
de mes refus afin de ménager son honneur. Le lendemain, il recommence
avec d'autres sketchs parfaitement rodés. 196--------------------------------------- les rues qu'il ne fréquente pas. Elles sont nombreuses et pratiques pour aller d'un endroit à l'autre incognito (ou presque). De toute façon, lui n'en connaît qu'une : celle où les touristes passent en troupeau ordonné. La rue de son avenir sans avenir.
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