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INDE Varanasi (Bénarès) Tulsi ghât : |
176 Une peau claire, un visage fin sont une quasi-certitude
de l'état social de l'individu. Habillé, la question se
pose ; torse nu pour des raisons religieuses ou plus prosaïquement
pour se laver, la réponse est donnée. Si l'individu porte
un "janeu", cordon qui lui barre le torse depuis l'épaule
gauche jusqu'à la hanche droite, il y a toute chance qu'il soit
un brahmin, à moins qu'il ne soit chhatrya. La réponse
définitive à la question "est-il un brahmin ?"
n'est donnée que par le mépris avec lequel il regarde
la populace qui l'entoure. Chaque matin et chaque soir lorsque je me promène
le long des ghât, je les regarde officier. Du moins ceux qui travaillent.
Ils ressemblent sous leur parasol à des (tiroirs) caisses enregistreuses.
Je te bâcle un rite et je t'assomme à la sortie, toi pauvre
benêt qui ne peut te passer de moi et de ma science. À
ce niveau, ce n'est plus une connaissance. La connaissance est réservée
à tous les brahmin qui font honneur à leur caste, pas
à ces commerçants prospères qui étalent
leur ventre affaissé. Je réagis avec la violence qu'inspire
le mensonge honteux. Les pèlerins avec leur foi toute simple,
celle que l'on disait autrefois du charbonnier, ne peuvent pas se passer
de leur entremise. C'est le monopole qui rend odieux. 177--------------------------------- au paon du haut de son perchoir, à papoter et à
se tourner les pouces. La nourriture leur parvient directement d'une
des nombreuses distributions de charité. Leur flemme crasse leur
interdit de faire plus que de s'enrouler une serviette autour des reins,
sauf lorsqu'ils décident d'aller se montrer, et, ils compissent
leur villégiature plutôt que de faire les quelques mètres
nécessaires pour se libérer la vessie comme tout le monde
dans quelque recoin de la rue. Levé avant eux ce matin, j'ai
sans doute eu une absence. Je me demande s'ils se sont lavés.
*** Ce serait
un comble pour la caste qui prétend à la pureté.
Tout fout le camp.***
Mais leur mépris pour tout ce qui n'est pas eux reste grand au
point que les étudiants (ceux qui le soir viennent prendre l'air
à Assi, tout proche de l'Université), grommellent des
paroles peu aimables lorsque je les branche sur le sujet. |