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La Puja du soir à Assi ghât est loin de ressembler au spectacle
grandiloquent que jouent trois brahmines pendant un heure de temps à
Dashaswamedh ghât. ***
À Assi, on se contente des moyens du bord. La Puja se déroule
sur le bord de l'eau dans la partie où les alluvions servent
de ghât. Le brahmin de service comme dans nos églises de
campagne se débrouille seul, bien malgré lui. Chaque fois
qu'il appelle un jeune pour battre l'un des tambours ou l'un des gongs
pour éloigner les esprits mauvais et que puisse se déroule
l'office, le jeune prend ses jambes à son cou et se sauve le
plus loin possible. Servir la messe n'a jamais attiré les foules
; qui n'a pas depuis longtemps oublié l'enfant de chur
qu'il a pu être. Ici, sur le bord du Gange, aussi étonnant
que cela paraisse, c'est la même chose. Pour préparer les
coupelles qui seront enflammées et posées sur le Gange,
le prêtre trouve difficilement une vieille ou deux. Cela sent
le misérable et la tristesse. Est-ce à cause des étudiants
qui envahissent le ghât le soir pour changer d'air ? La culture
serait-elle la mort du merveilleux ? Dans un sens sans doute. Dans un
autre pas : depuis peu ce sont deux superbes femmes en sari de soie
et d'or qui jouent le rôle de sacristines. Elles attirent un minimum
de badauds pour redonner à la cérémonie un peu
de lustre. Elles sont blondes toutes les deux, italiennes de Venise
où elles étudient le sanscrit. Elles s'installent avec
nous pour un mois. Un mois de quiétude pour le brahmin qui paraît
très à l'aise entouré de ses deux bedeaux et de
la petite foule qu'elles drainent. ***
texte du guide bleu : la cérémonie
du crépuscule
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