KABIR
Le fils de Ram et d'Allah
L'UN
"Je suis le Tout Le Tout est sorti de moi et le
Tout est parvenu à moi "
(Th
77)
" Tous sont en Toi ; tous sont de Toi, Ô
Toi qui donne tout et ne prend rien.
Car Tu es Tout et il n 'y a rien d'autre que Tu ne sois pas. "
(Hermetic
Corpus V, 10)
"Je suis l'ensemble de la manifestation. "
(Nisargadatta)
VI. L'ABSOLU
L'lndéfinissable
(1)
Il n'y avait ni air, ni eau :
Qui donc alors a créé l'univers
?
Il n'y avait ni bouton, ni fleur,
Ni matrice, ni naissance !
Il n'y avait ni savoir, ni Véda,
Ni mot, ni le désir des sens !
Il n'y avait ni corps, ni personne pour prendre corps,
Ni terre, ni ciel, ni enfer, ni paradis !
Ni guru, ni disciple, ni sondable, ni insondable,
Ni voie du Qualifié., ni celle du Non-Qualifié
!
Celui qui n'a nul lieu où fixer Sa demeure,
L'Inconditionné, comment donc Le décrire
?
Il faut Le concevoir sans aucun attribut :
Est-il possible alors de Lui donner un Nom ?
(2)
Comment décrire Sa Forme, que dire de Son aspect :
Avant que fût la Création, qui
donc Le contemplait ?
Il n'y avait alors ni Brahma, ni Védas ;
Secrètes ses origines :je ne puis rien
en dire !
Il n'y avait alors ni étoiles, soleil ou lune,
Ni la semence du père !
Il n'y avait alors ni eau, ni terre, pas un souffle de vent
Qui donc pouvait avoir autorité sur Lui
?
Il n 'y avait alors ni jour, ni nuit :
Sa caste et Sa lignée, qui donc peut
en parler ?
Sur le Vide s'est levée la Conscience,
Et la lumière a jailli !
A chanter l'Être Immense qui existe par Soi,
Je me suis complètement perdu !
(3)
A l'origine Allah a créé la lumière,
Et d'elle sont issus tous les êtres humains
D'une unique lumière est né le monde entier :
Pourquoi donc distinguer entre bons et mauvais
?
Homme, ne te laisse pas prendre au piège de l'Illusion
Le Créateur est dans la Création,
la Création est dans le
Créateur !
En tous et en tous lieux, Il a fait Sa demeure
!
C'est une même argile que le Potier travaille
De multiples façons !
Ne cherche aucun défaut dans le vase d'argile
Le Potier n'en a point !
Il est en tous l'unique Vérité :
Rien n'existe hors de Lui.
Qui se soumet à Lui Le reconnaît comme Un :
Il est Son fidèle serviteur !
Allah est invisible et nul ne peut Le voir,
Mais mon Guru m'a fait don du doux nectar.
Dit Kabir : mes illusions se sont toutes dissipées ;
En chaque être, je vois l'Être Pur
!
(4)
De par le monde entier, il n'y a qu'un seul Dieu ;
Il n'y a qu'un seul Nom qui est aimé
de tous.
Qui peut dire s'Il est mâle ou bien s'Il est femelle :
Présent en chaque forme, Il les imprègne
toutes !
A-t-Il ou non une Forme, ami, qui peut le dire ?
Est-Il lourd ou léger ? Nul ne peut Le
peser !
Ni faim, ni soif n'existent, ni ombre, ni soleil :
Libre des joies comme des peines, Il est pourtant
en elles !
Tous les grands sages, tous les grands méditants,
Ayant longuement cherché, tous ont dit
:
Y est l'Infini qui joue en chaque forme,
Et Y est au-delà de la Forme et du Sans-Forme
!
(5)
Ô Pandit, considère en ton coeur et dis-moi :
Qui donc est mâle et qui donc est femelle
?
Son silence est en tout et parle en chaque forme :
Mystérieux sont Ses chemins !
Celui qui est sans nom, sans couleur et sans forme,
Par quel nom L'appeler ?
Insensé, pourquoi dire " toi " et " moi "
?
Qu'est-ce qui est " mien " ? Qu'est-ce
qui est " tien " ?,
Ram, Allah, Shiva, Shakti ne font qu'un :
Comment peux-tu les distinguer ?
Védas, Puranas, Coran et Livre :
De diverses façons ont-ils parlé
de Lui.
Hindou, Turc, Jaïn et Yogi :
Nul n'a compris le secret !
Les six philosophies tentent de Le démontrer :
Selon leurs préjugés, ils Lui
ont donné nom !
Dit Kabir : suis-je donc le seul fou en ce monde,
Et le monde, contre moi, a-t-il donc raison
!
(6)
0 Pandit, tes idées sont toutes fausses !
Il n'y a là ni Créateur, ni Création
;
Ni subtil, ni grossier ; ni air, ni feu ;
Ni soleil, ni lune ; ni terre, ni eau !
Il n'y a là ni Forme, ni Lumière, ni Temps ;
Ni Verbe, ni corps ;
Ni Karma, ni Dharma ; ni mantras, ni rituels ;
Ni ascèse, ni morale ; ni dualité,
ni non-dualité !
Il n'y a là ni Gorakh, ni Ram, ni secret des Védas ;
Ni Vishnou, ni Shiva, ni Brahma, ni Shakti,
ni pèlerinage !
Celui qui n'a ni père, ni mère, ni guru,
Est-Il deux ou est-Il Un ?
Dit Kabir : celui qui perce ce mystère
Est mon Guru et je suis son disciple !
(7)
Prétendre qu'Il est Un n'est pas vérité
Mais dire qu'Il est deux est une offense.
Il est ce qu'Il est,
Et cela seul est vrai !
(8)
Si tu ne vois pas l'Un, à quoi te sert ta science ?
Le multiple vient de l'Un et non l'Un du multiple !
(9)
Si tu vois l'Un, tu as la Gnose,
Sinon ta science n'est qu'ignorance !
(10)
Celui pour qui les sages pratiquent des pénitences
Et s'épuisent à chanter ceux qui
disent les Védas,
C'est de Lui que je parle, mais nul ne veut me croire !
(11)
Éternel est mon Seigneur : Il est
Par-delà la naissance et Par-delà
la mort !
Béni sois-tu, Seigneur, car tu nous créas tous :
Seigneur, tu nous donnas et le souffle et la
vie !
(12)
Le Seigneur est l'origine de tout ce qui est :
Que pourraient donc sans Lui faire les êtres
humains ?
Selon Sa volonté, le monde surgit du néant,
Et retourne au néant !
(13)
C'est Ram Qualifié qui joue dans la cour du roi Dasratha,
C'est Ram Non-Qualifié qui demeure en
chaque être !
Toute chose visible fut créée par Ram Qualifié,
Mais Ram Non-Qualifié est au-delà
du créé !
(14)
Mystérieuse est la nature de Ram Non-Qualifié,
Intense la méditation du Sage sur Lui.
Plusieurs Ram, plusieurs Krishna se sont incarnés ici-bas,
Mais nul n'a pu saisir l'éblouissante
splendeur de Ram Non-Qualifié !
(15)
Adore le Qualifié,
Connais le Non-Qualifié.
Je suis absorbé au-delà
Du Qualifié et du Non-Qualifié
!
Le Seigneur Intérieur
(16)
Chaque goutte d'eau de mer à elle seule contient
Le soleil et la lune et les dieux par millions
!
Prises dans un tourbillon, elles aspirent au bonheur
Mais la douleur s'agrippe et ne les lâche
point !
De multiples façons le monde s'est égaré,
Et personne n'a trouvé la cause de la
douleur !
Homme, tu es fou et sage tout à la fois :
Ram demeure en ton coeur et tu ne le sais point
!
Il est le Maître, Il est Hari,
Et Il est en même temps le servant de
Hari !
Mais pour celui qui sait n'existent la naissance ni la Mort,
Et Maya, dépitée, disparaît
devant lui !
(17)
Ami, je demeure dans ton coeur :
Pourquoi Me chercher ailleurs ?
Je ne suis ni dans le temple, ni dans la mosquée,
Ni dans la Kaba, ni à Kaïlash,
Je ne suis ni dans les rites ou les rituels,
Ni dans le yoga ou le renoncement.
Si tu savais Me chercher,
Tu Me trouverais en un instant !
Dit Kabir : écoute-moi, ô frère Sadhu,
Il est le Souffle des souffles !
(18)
Je ris de voir que le poisson dans l'eau a soif :
Sans connaître son Soi, pourquoi aller à Mathura ou à
Kashi ?
La perle est dans ton coeur, ne cherche pas ailleurs !
Dit Kabir : écoute-moi, ô frère Sadhu,
Réaliser l'Éternel n'est pas si
difficile !
(19)
Comme l'iris est dans l'oeil, le Seigneur est en toi :
Qui ne voit pas cela le cherche en vain ailleurs !
(20)
Ô Kabir, le daim cherche dans la forêt
Le musc caché dans son nombril !
Et l'homme cherche ailleurs
Celui qui est dans son coeur !
(21)
Comme le parfum dans la fleur,
Le Seigneur est dans ton coeur !
N'imite pas le daim qui cherchant dans les herbes
Veut déterrer le musc que secrète
son nombril !
(22)
Ils cherchent tous ailleurs
Celui qui est dans le coeur !
A cause du voile épais de l'ignorance
Nul ne voit l'Un !
(23)
Comme l'huile dans le grain de sésame
Et l'étincelle dans la pierre de silex,
Ton Seigneur est en toi :
Fais-le jaillir si tu peux !
(24)
Je croyais que Hari était loin,
Mais Il est en chacun !
Qui ne réalise pas son propre Soi,
Pour lui, le Seigneur est loin !
(25)
En chaque forme vit le Sans-Forme,
Mais nul n'a compris ce mystère.
Dit Kabir : Ô Saint, c'est cela qui me surprend !
(26)
Rien en moi n'est à moi, Ô Seigneur,
Car toute chose T'appartient.
Que puis-je perdre, en vérité, Seigneur,
Si je T'offre tout ce qui est à Toi ?
(27)
Comme le suc de couleur rouge
Qui imprègne les feuilles de myrte,
Seigneur, ton essence imprègne tout ce qui vit,
Invisible dans le coeur !
(28)
Depuis longtemps errant, cherchant l'essence universelle,
Si tu es las, pourquoi te tourmenter encore
?
Fais jaillir cette étincelle divine :
De toute éternité, elle brille
cachée en toi !
(29)
En chaque créature, ne vois que Ram,
Car Ram est l'élixir de toute vie,
Comme de la canne à sucre est extraite la substance
Du sucre, du candi et de la confiture !
(30)
Les Yogis implorent Gorakh,
Les Hindous chantent le Nom de Ram,
Les Musulmans disent : " Khoda est Un ",
Mais le Dieu de Kabir vit caché en chaque
être !
VII. RÉALISATION
(1)
Vois, frère, le grand vent de la Gnose a soufflé :
Y a tout balayé, le voile de l'Illusion
Et les liens de Maya !
Les deux pôles de l'indécision ont été arrachés,
Et le faîte de l'aveuglement emporté
!
A terre gît le toit du désir,
Le vase du mal a volé en éclats
!
Quand le vent a cessé, tant de pluie est tombée,
Qui inonda de joie ton humble serviteur !
Dit Kabir : lorsqu'à nouveau s'est levé le soleil,
En moi la lumière a brillé !
(2)
J'ai bien souvent changé de vêtements :
C'est la dernière fois que j'en revêts
!
Les cordes de l'instrument sont maintenant usées :
Je suis tombé sous le pouvoir du Nom
!
Mon mental a cessé de battre le tambour :
je ne danserai plus à son rythme endiablé !
Luxure, colère, erreur : j'ai tout jeté au feu,
Et j'ai brisé le vase de la cupidité
!
La robe du désir est maintenant usée,
Et l'illusion s'est dissipée !
J'ai reconnu l'Un dans toutes les créatures :
Finies les polémiques et les joutes oratoires
!
Dit Kabir : par la grâce de Ram,
Je l'ai trouvé, Lui, le Suprême
!
(3)
Même en offrant de l'or, on ne peut gagner Ram :
On ne peut Le gagner qu'au prix de son coeur !
Maintenant que Ram est mien
Mon coeur a retrouvé la paix !
Malgré le flot de sa parole,
Brahma ne put découvrir Ses limites !
Ram a Sa demeure chez le dévot
Qui reste assis en paix !
Je me suis libéré de mon mental instable,
Dit Kabir, pour me mettre au seul service de Ram !
(4)
Roi Ram, Tu es le Sans-Peur !
Roi Ram, Tu es notre Sauveur !
Quand j'étais, Tu n'étais pas :
Je ne suis plus et maintenant Tu es.
Maintenant, Toi et moi sommes Un :
Je ne vois plus que l'Un.
Avec mes facultés, j'étais seul et sans force,
Mais la sagesse est la vraie force !
Dit Kabir : ma volonté s'en est allée
Et j'ai atteint la perfection !
(5)
Je suis en tout, tout est en Moi.
Je suis : nul n'existe hors de Moi.
Je suis partout dans les trois mondes
Et le cycle des vies n'est que Mon jeu à Moi.
Les six philosophies décrivent Mon vêtement,
Mais je transcende tout, les symboles et les formes
Moi-même, j'ai pris ce nom de Kabir.
Moi-même, de Moi-même, j'ai tout manifesté.
(6)
Je suis en tout, tout est en Moi.
En myriades de vies, je suis manifesté,
Et pourtant, je transcende tout.
Appelez-moi Kabir, appelez-moi Ram :
Cela revient au même !
Je transcende tous les âges, l'enfance et la vieillesse,
Et je suis hors d'atteinte des folies de la
jeunesse.
Sous les ordres d'aucun, ni lié à personne,
En l'état de Sahaj, ma joie est toujours
neuve !
Je suis vêtu d'un simple drap,
Et les gens se moquent de moi.
Mon état de tisserand n'inspire aucun respect ;
Ma robe toute trouée est rapiécée
plus de dix fois.
Par-delà les gunas, par-delà le karma,
Au royaume de la joie, j'ai pris le Nom de Ram.
Je vois, le monde entier, le monde ne peut me voir :
Tel est l'état unique que Kabir a atteint
!
(7)
Lorsque j'étais, qui donc était ?
Tous étaient en Moi !
Dis-moi, ô Ram, alors comment Te priait-on ?
0 Dieu, donne-moi une réponse claire
!
Si je dis la vérité, aussitôt on me frappe :
Le menteur s'accorde avec le menteur !
L'aveugle prétend qu'il a tout vu,
Celui qui a des yeux pour voir est ébloui
!
Je le déclare tout haut à qui voudra me croire :
N'aie de mot à la bouche qui ne soit
dans ton coeur !
Dit Kabir qui sourit : ô frère, quoi que je dise
N'est pour toi qu'un tissu de mensonge !
(8)
Là où il n'y a ni pluie, ni océan ;
Ni soleil, ni ombre ; ni création, ni
destruction.
Là où il n'y a ni vie, ni mort ;
Ni peine, ni plaisir.
Là où il n'y a ni conscience du Vide,
Ni quiétude du Samadhi,
Au-delà des mots, ami,
Est cet état unique de Sahaj.
On ne peut ni Le peser, ni Le sonder ;
Il n'est ni lourd, ni léger.
Il n'a ni haut, ni bas,
Et ne connaît ni jour, ni nuit.
Là où n'existent ni vent, ni air, ni feu,
Là est la demeure du Sadguru.
Il est inaccessible et incompréhensible,
On ne peut L'atteindre que par la grâce
du Guru.
Dit Kabir, je m'abandonne aux pieds du Guru,
Auprès duquel je reste pour toujours
absorbé !
(9)
Qui meurt ? Qui naît ?
Qui donc obtient le ciel et qui obtient l'enfer
?
De l'Inconditionné viennent les cinq éléments
:
Bien que manifestés, ils sont toujours
en Lui !
Ils se sont séparés puis résorbés en l'Un,
Sans laisser nulle trace ni le moindre désir
!
La jarre est dans l'eau et l'eau est dans la jarre
Dehors et dedans, c'est toujours la même
eau !
La jarre s'est brisée, l'eau s'est mêlée à
l'eau :
Telle est la Vérité proclamée
par les Sages !
A l'origine l'espace et à la fin l'espace,
Au milieu rien que l'espace !
Dit Kabir : qui donc est prisonnier du karma !
Illusoires sont vos craintes !
(10)
Je me suis Perdu dans l'Un,
Et suis devenu Un en tout.
Je suis en tout et tout est Moi :
Autre que l'Un n'existe pas !
(11)
Qui a connu l'Un a connu le Tout.
Qui n'a pas connu l'Un n'a rien connu !
(12)
J'ai pris place sur le Trône
Où le nectar a étanché
ma soif.
Maintenant Ram et Kabir sont un :
Plus rien ne les distingue !
(13)
L'Un produit le multiple,
Et le multiple retourne à l'Un.
Lorsque l'Un est connu,
Tout dans l'Un disparaît !
(14)
Lorsque j'étais, Dieu n'était pas :
Lorsque Dieu est, je ne suis plus.
Sa lumière a fait fuir l'ombre de mon moi !
(15)
Qu'une goutte tombe dans la mer,
Tout le monde peut le comprendre.
Mais que dans une goutte la mer soit contenue,
Qui peut saisir cela ?
(16)
Qu'une goutte tombe dans la mer,
Tout le monde peut le comprendre.
Mais que la mer tombe dans une goutte,
Qui peut saisir cela ?
(17)
Ô mon âme, à force de chercher,
Kabir a disparu.
Quand la goutte se perd dans l'océan,
Où trouver cette goutte ?
(18)
Ô mon âme, à force de chercher,
Kabir a disparu.
Quand l'océan se perd dans la goutte,
Où trouver l'océan ?
(19)
L'eau donne la glace : la glace donne l'eau.
Elle redevient ce qu'elle était : que dire de plus ?
(20)
Réalisant ton Soi, tu réalises en toi
La parfaite harmonie.
Toujours serein, quoi que tu puisses entendre ou dire,
Car le Soi intérieur est immuable !
(21)
Si Dieu devait mourir, alors je mourrai :
S'il ne meurt pas, pourquoi devrai-je mourir
?
En Lui je me suis immergé, devenant immortel :
J'ai plongé dans l'océan de la
Béatitude !
(22)
Dit Kabir : mon mental fut pacifié
Par la connaissance de Brahman,
Et le feu qui consumait le monde
Est pour moi devenu de l'eau.
(23)
Leur degré de sagesse commande le niveau de leur foi.
Saisir la Gnose de Dieu n'est pas chose aisée :
Nul ne l'a pleinement perçue !
(24)
L'Un entre dans le tout, le tout entre dans l'Un.
Kabir entre dans la Gnose, où l'Un est sans second !
(25)
Qui sert l'Un sert toutes choses ; mais si l'on sert toutes choses
Alors l'Un disparaît !
Qui arrose la racine voit pousser
Fruits et fleurs à profusion !
(26)
Il n'y a plus rien à dire, car j'ai dit
Tout ce qui pouvait l'être !
Il ne reste que l'Un, tout autre a disparu
Et la vague est retournée à l'Océan
!
(27)
Le mental de Kabir est pur comme l'eau du Gange.
Hari court après lui en criant : " Kabir ! Ô Kabir
! "
(28)
Mort est mon mental et faible mon corps.
Hari court après moi en criant : " Kabir ! Ô Kabir
! "
(29)
Si tu dépends d'autrui, tu es dans la douleur ;
Si tu ne dépends de rien, de quoi aurais-tu
peur ?
Qui est indépendant voit en Indra un gueux !
(30)
Passant par le bazar,
Je les ai tous bénis,
Et je ne suis pourtant de personne
Ni l'ami, ni l'ennemi !