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INDE 2001-2002


Au long du Gange sacré
Varanasi - Bénarès

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RAMAYANA

 

 

 

 

Au long du Gange sacré : Varanasi - Bénarès

(21 septembre - 1er décembre 2001 -- 15 janvier - mars 2002)





RAMAYANA


C'est après les temps védiques, aux alentours de l'ère chrétienne, mais à une date qu'il est impossible de préciser, qu'apparut le Ramayana , la "Geste de Rama", ou la "Marche de Rama", la seconde des deux grandes Épopées indiennes. Évoluant vers la poésie courtoise et réalisant une certaine unicité, le Ramayana n'offre pas un récit parallèle à celui du Mahabharata, œuvre collective, anonyme, beaucoup plus étendue, écrite dans une langue encore très archaïque et qui, tout en constituant la "Geste de Krishna", insère dans le corps de sa très longue histoire principale de bien plus nombreuses digressions. Attribué par la tradition à un seul auteur, Valmiki, qui pour le composer a puisé dans le folklore tout en s'appuyant sur un léger fonds historique, le Ramayana reprend plusieurs thèmes du Mahabharata tels la descente du Gange sur la Terre et le symbole de l'arc prodigieux qu'aucun des prétendants ne pouvait même soulever et que brisa Rama, conquérant ainsi Sita, alors qu'Arjuna, l'un des Cinq Pandava, s'était en manifestant son adresse vu choisir par la belle princesse Draupadi. Plus qu'aucune autre œuvre indienne, le Ramayana a connu dans l'Inde même et dans les pays qu'elle influença une immense diffusion. Traduit, commenté, adapté, découpé, c'est à lui que revient l'extension du culte ramaïte.

Valmiki et le Ramayana

La légende décrit Valmiki comme un homme de naissance modeste, mais génial, qui aurait vécu à la cour d'Ayodhya, au nord du Gange, dans le pays même où il situera le roi Dacharata, le père de Rama.
En un texte sanskrit destiné à être tour à tour chanté et parlé et comprenant sept kanda ou "livres", que divisent 645 sarga ou "chants", il célébra en 24000 sloka, "distiques", les exploits de Rama. L'invention du sloka, vers caractéristique de l'épopée, lui est aussi attribuée. Son œuvre achevée, il se retira dans la forêt pour y mener l'existence d'un ascète ; il y atteignit, dit encore la légende, une si admirable immobilité contemplative qu'une fourmilière (valmika) vint le recouvrir, ce qui lui valut son nom de Valmiki, "Fils de la fourmilière".

Le livre I du Ramayana, appelé Balakanda, "Section de l'enfance", ou encore Adikanda, "Commencement", chante la naissance divine, l'enfance et le mariage de Rama. À Ayodhya (moderne Oudd), capitale du pays de Kosala, le roi Dasaratha, sans descendance, célèbre le sacrifice du cheval, pour se concilier la bienveillance des dieux. De ses trois épouses, il aura quatre fils. L'aîné, Rama, est en réalité l'avatara de Vishnu, et il sera pourvu de toutes les vertus et d'une force exceptionnelle : pour récompense de sa force dans le maniement de l'arc, le roi de Videha, Janaka, lui accordera en mariage sa fille la princesse Sita. Ce prélude est entrecoupé par l'exposé des grands thèmes mythologiques déjà présents dans le Mahabharata: naissance du dieu Kumara, descente du Gange sur la Terre, barattement de la mer, etc…

Dans le livre II, Ayodhyakanda, le "Livre d'Ayodhya", le choix de Rama, l'aîné des princes, comme héritier, par son vieux père Daçaratha suscite la jalousie de l'une des reines, Kaikeyi, mère de Bharata. Par ruse, elle obtient le bannissement de Rama pour une durée de quatorze années et la promesse du trône pour son propre fils.

Le livre III, Aranyakanda, est celui de la forêt. Rama, suivi de son épouse Sita et de son frère Laskhmana, s'enfonce dans la forêt de Dandaka et s'y installe. Il engage, à la prière des ermites qui implorent sa protection, une lutte sans merci contre les Raksasa ou démons qui l'infestent. Leur chef, Ravana, à la demande de sa sœur la démone Surpanakha, humiliée et mutilée par les deux frères qu'elle avait en vain tenté de séduire, s'approche de Sita sous l'humble aspect d'un moine-mendiant et l'enlève dans son char à travers les airs. Il la conduit ainsi vers le Sud, au-delà des mers, dans sa résidence de Lanka, où il l'enferme.

Le livre IV, Kiskindhakanda, emprunte son nom à la caverne de Valin, devenu roi des singes en détrônant son frère Sugriva. Rama fait alliance avec ce dernier, le rétablit sur son trône en attaquant et en tuant Valin. L'armée des singes s'élance alors vers le Sud à la recherche de la princesse.

Le livre V, Saundarakanda, celui des "belles choses", est le récit du saut prodigieux accompli par le singe Hanuman - fils de Vayu, dieu du vent, et le plus avisé des conseillers de Sugriva - pour franchir la mer et atteindre Lanka. Se métamorphosant, il parcourt la cité, le palais, qui sont décrits avec splendeur. Il découvre enfin Sita pleurant dans un bosquet d'asoka et rejoint son armée.

Le livre VI, Yuddhakanda, décrit la "bataille". Un immense pont fait de blocs de rochers et d'arbres entiers est construit pour permettre l'assaut de Lanka. L'armée s'y engage. Ravana ordonne alors une sortie. Il s'ensuit une mêlée terrible où interviennent des armes magiques. Elle s'achève par un duel inexorable opposant Ravana à Rama, qui triomphe en tuant le chef des démons à l'aide du javelot préparé par Brahman. Rama retrouve Sita, lui annonce sa victoire. Mais bientôt une sombre jalousie l'envahit. Il répudie celle sans laquelle il ne pouvait vivre, se sentant incapable de reprendre une femme que le démon a tentée ou peut-être même possédée. Sita se soumet à l'épreuve du feu. Mais le dieu Agni lui-même atteste sa pureté, les flammes du bûcher l'épargnent, Rama retourne avec elle à Ayodhya pour y être sacré roi, car le temps de l'exil est achevé.

Le livre VII, Uttarakanda, fait alterner des récits relatifs à l'origine des Raksasa, aux luttes entre Indra et Ravana, à l'enfance de Hanuman, avec des narrations sans lien avec l'action et avec les différentes phases de l'épilogue ramaïte. Rama, prêtant l'oreille au murmure désapprobateur de la foule qui critique sa faiblesse, renonce à Sita et charge son frère Lakshmana de l'éloigner. Au sein de la forêt, elle sera recueillie par Valmiki dans son ermitage et y mettra au monde deux jumeaux, Kusa et Lava. Durant de longues années, Rama désespéré s'épuisera à leur recherche. Mais, quand la profondeur de son repentir lui méritera de les retrouver, Sita refusera de le suivre. Née de la Terre, c'est à elle qu'elle demandera asile, et la Terre s'entrouvrira pour lui donner abri. Rama supplie que Sita lui soit rendue. Mais c'est en vain. Il procédera alors au sacre de ses deux fils, l'un pour le Nord et l'autre pour le Sud et montera au ciel pour y redevenir Vishnu.

En réalité, la Geste de Rama n'est introduite que dans le livre II. Elle se développe dans les livres III et VI par l'exposé des aventures du héros, qui permettent d'ailleurs de dégager les éléments d'une Geste de Ravana. Quant aux livres I et VII, d'une valeur artistique bien inférieure, ils ont été ajoutés par la suite dans l'intention de diviniser Rama.

Marie-Simone Renou - Encyclopeadia Universalis.

le Ramayana (Ramcaritmanas) de Tulsi-das
Ram Leela
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