Rencontre d'Espaces




 


INDE 2001-2002


Au long du Gange sacré
Varanasi - Bénarès

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NANDI ou NANDIN

 

 

 

 

Au long du Gange sacré : Varanasi - Bénarès

(21 septembre - 1er décembre 2001 -- 15 janvier - mars 2002)





NANDI ou NANDIN

Le taureau Nandi est la monture de Shiva. Présent dans tous les temples de Shiva, il est placé soit près de la représentation, soit en face d'elle ou à l'entrée, en position debout ou assise.

On le représente peint de couleur blanche avec de grands yeux bruns, un corps arrondi, les épaules lourdes et une queue noire. Sa bosse est comme le sommet d'une montagne enneigée et les pointes rouges de ses cornes sont acérées. Avant de s'incarner en taureau au statut divin, Nandi était un sage montant la garde à la porte de Shiva. Cette transformation semble provenir de l'identification de Shiva avec son précurseur védique, Rudra, qui était, entre autres, le dieu des animaux et qui est lui-même mentionné comme un taureau dans certains textes. Le taureau est un symbole universel de fertilité. La coutume de toucher les sabots et les testicules de Nandi avant d'entrer dans un temple de Shiva prouve qu'il est associé à la fertilité.


La Religion de Siva
N. Ramacandra BHATT
Préface de Pierre-Sylvain Filliozat, de l'Institut
Etudes Agama
Isbn 2-911166-09-4

NANDI ou NANDIN

Les Puràna ont donné à Nandin une place de premier plan parmi les divinités auxiliaires du sivaïsme. Son importance est de même soulignée dans le système du culte courant dans le Sud de l'Inde. Dans tous les temples de Siva l'image de Nandin est invariablement installée. Certaines de ces images sont de dimension colossale. Nandin a toujours les traits d'un taureau. Quelquefois il a une tête de singe et il explique lui-même dans le Ràmàyana qu'il subit cette métamorphose à la suite d'une malédiction prononcée contre lui par Ràvana (VII. 16.13-22).

Le Ràmàyana et les Puràna parlent de Nandin comme d'un grand dévot et serviteur de Siva. Sa fonction est la garde de la porte de Siva (Lifiga-P. 1.80.44). Chaque fois que les dieux se rendent au Kailàsa pour approcher Siva, ils s'adressent d'abord à Nandin et prennent sa permission (ibidem 1.80). Nandin est aussi chef des Gana (ibidem 11.44.30-46 ; Padma-P. 1.101.1-31). Il est dit avoir conduit l'armée contre le démon Vidyunmàli qui régnait sur les trois citadelles (Matsya-P. 155.1-63). Viraka est d'abord mentionné comme chef des Gana. Il est dit qu'il fut adopté par Siva et Umà et reçut une grâce d'Umà par laquelle il eut une nouvelle naissance sous la forme de Nandin (Matsya-P. 155.33-34 ; Padma-P. 1.43).

Son origine est expliquée de la façon suivante. Silàda, un grand dévot de Krsna, pratiquait l'ascèse. Siva apparut devant lui et le récompensa en lui promettant un fils qui l'égalerait en tout point. Peu après Silàda trouva un enfant en labourant un champ. Il le recueillit et l'éleva. L'enfant apprit les Veda et devint un grand dévot de Siva. Il fit une récitation du nom de Siva dix millions de fois. Le dieu se manifesta devant lui et lui dit de faire un voeu. L'enfant demanda la force nécessaire pour recommencer la même récitation un nombre égal de fois. Siva la lui accorda. L'enfant refit le rite, obtint de nouveau la même récompense. Cela se répéta cinq fois. Siva, satisfait de cette dévotion, l'éleva au rang de chef des Gana. Ainsi devint-il Ganapati et aussi fils d'Umà. Le Linga-Puràna précise que l'enfant trouvé par Silàda n'est autre que Siva lui-même, et l'appelle Nandin (1.43 ; voir aussi Kùrma-P. 11.43). Une description élaborée de l'installation de Nandin comme chef des Gana est donnée dans les Puràna (Kùrma-P. 11.43.19-42). Tous les dieux se rassemblèrent pour l'occasion. Brahman lui-même accomplit les rites et Visnu l'assista (Linga-P. 1.44.30-46).

Nandin est réputé avoir une connaissance inégalée de Siva et de sa religion (Linga-P. 11.20.13-15). Il est dit avoir expliqué le détail de la pùjà de Ganesa (Padma-P. 1.67). Le sage Manikankana une fois lui demanda de lui exposer le dharma de Siva tel qu'il est enseigné dans les Àgama. La maîtrise de Nandin sur cette littérature était parfaite et il est souvent cité comme autorité de référence.

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