Rencontre d'Espaces




 


INDE 2001-2002


Au long du Gange sacré
Varanasi - Bénarès

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Les ordres monastiques

Alain Daniélou

Les Kâlâmukhâ
(Têtes Noires)

Les Kâpâlikâ
(Porteurs de crânes)

Charyâ (les pratiques)

Les cinq " M "

Les sacrifices humains

Madhyâ : les liqueurs intoxicantes

Maithunâ, Rites sexuels

L'Amour et la Mort

Mahâ Vratâ, Le Grand Voeu

L'initiation des Pâshupatâ

 

 

 

Au long du Gange sacré : Varanasi - Bénarès

(21 septembre - 1er décembre 2001 -- 15 janvier - mars 2002)





Les ordres monastiques

Alain Daniélou

 

 

Les membres des sectes shivaïtes sont mentionnés dans les Védâ sous le nom de Vràtyâ (exclus) comme des gens vivant en marge de la société, pratiquant des danses extatiques et des rites sexuels avec des prostituées, sacrifiant des animaux et consommant la chair des victimes, buvant des boissons enivrantes et vénérant les serpents et les arbres. Ils assuraient leur subsistance comme chanteurs ambulants spécialisés dans le chant, le sexe et la danse.

Le Rig Védâ (X. 136) décrit un de ces ascètes magiciens non-aryen qu'il appelle Âjîvikâ (mendiants) " aux longs cheveux (késhin), vêtu d'espace (vâtâ-rasanâ), rendu comme fou par les austérités et la pratique du silence, le corps enduit de poussière jaunâtre, possédant des pouvoirs magiques et buvant du poison (une drogue) en compagnie de Rudrâ (Shivâ). "

Ce sont pourtant ces Vrâtyâ, ces exclus, considérés comme des hors-castes qui introduisirent peu à peu dans la société aryenne les rites tantriques et les pratiques du Yogâ, y compris le Ur Yogâ ou " Union par la force " par lequel le Virâ (héros) conquiert le ciel par son pouvoir et aussi l'Ultâ Sàdhanà (la méthode inverse) qui utilise pour le progrès spirituel de l'homme les éléments mêmes qui sont normalement la cause de sa chute.

Les prêtres décrits dans l'Atharvâ Védâ, comme pratiquant des rites magiques étaient vraisemblablement des Kâpâlikâ (porteurs de crânes). Ils sont également mentionnés dans la Maïtrî Upanishad.

A l'époque du renouveau shivaïte, ces ascètes, qui perpétuaient les pratiques religieuses du monde pré-aryen, avaient su maintenir les anciennes traditions avec une remarquable continuité pendant près de deux millénaires en dépit des persécutions, des invasions et des changements religieux et sociaux. On les rencontre encore de nos jours, couverts de cendres, dans des ermitages de la forêt ou des lieux de pèlerinage. Ils vivent tout à fait en dehors de l'Hindouisme officiel.

Ces ascètes sont divisés en plusieurs sectes parmi lesquelles les Âgamâ mentionnent principalement les Pâshupatâ, Kâpâlikâ, Kâlâmukhâ, Soma-siddhantâ et Lakulâ.

Le Shaddarshanâ samucchayâ (Résumé des six systèmes philosophiques) qui est un texte jaïnâ, considère que les principales sectes sont les Shaïvâ (adorateurs de Shivâ), les Pâshupatâ (qui vénèrent Pashupati, le Seigneur des animaux), les Kâpâlikâ (porteurs de crânes), et les Kâlâmukhâ (Têtes noires).

Tous se frottent le corps de cendres, portent un cordon sacré, nouent leurs cheveux au sommet de la tête. Ils se différencient par leurs règles de vie (âchârâ).

" Les Baul, chanteurs mystiques ambulants du Bengale sont considérés comme des héritiers des anciens Vrâtyâ. " (Mc Evilley, An Archeology of Yoga, RES 1, p. 69.)

Les différents groupes d'ascètes se font reconnaître par des signes extérieurs.

" Les Shaivâ fixent des Lingâ sur leurs deux bras, les Raudrâ (qui vénèrent l'aspect destructeur de Shivâ), dessinent un trident sur leur front, les Ugrâ qui vénèrent Durgâ, l'aspect terrible de la déesse, dessinent un Damaru (tambour) sur leurs bras, les Bhattâ, ou bardes, se dessinent des Lingâ sur le front, les deux bras, le coeur et le nombril. " (Anandâ Giri, Shankarâ viiayâ.)

Les Kâlâmukhâ marquent leur front d'une ligne noire. Ce sont les Kâpâlikâ qui pratiquent la difficile discipline du Grand Voeu (Mahâ Vratâ). Les Kâlâmukhâ sont eux aussi porteurs de crânes mais ne pratiquent pas le Grand Voeu.

 

Les Kâlâmukhâ (Têtes Noires)

 

Les Kâlâmukhä sont les adeptes de la secte des Pâshupatâ à laquelle appartenait Lakulishâ. Leurs pratiques sont moins extrêmes que celles des Kâpâlikä. Ils sont divisés en deux ordres selon qu'ils vénèrent la divinité sous un aspect masculin ou féminin. Ces ordres sont appelés l'Ordre du Lion (Simhä Pariskad) et l'Ordre de la Déesse (Shakti Parishad). Des ordres annexes considèrent la divinité comme androgyne. Ce sont les Ganapatyâ qui vénèrent Ganapati, le dieu à tête d'éléphant, fils de la déesse, et les Saumyâ de Somâ, (la semence) qui ont pour divinité Skandâ (le jet de sperme), fils de Shivâ.

La plus importante obligation des Kâlâmukhâ est la construction de sanctuaires et l'installation d'idoles. Ils pratiquent les rites de vénération du Lingâ et portent toujours un Lingâ sur leur personne. Les prêtres sont appelés Jangamâ (Lingâ-mobiles). Certains Kâlâmukhâ vivent en communauté dans des monastères. L'Ordre du Lion, réorganisé par Lakulishâ, recommande une vie tranquille analogue à celle des ascètes de la forêt, consacrée à l'étude approfondie des Âgamâ.

Les Esclaves des dieux, les Devâ-dâsi, sont nombreuses dans leurs sanctuaires et, durant les mois de l'année où ils pratiquent l'errance, ils sont souvent accompagnés d'une concubine.

Khajuraho était un des centres des Kâlâmukhâ où résidaient de nombreuses Devâ-dâsî.

Les festivals des Kâlâmukhâ sont la prise du cordon sacré, les passages du Soleil d'un signe à l'autre du zodiaque (Samkrânti), les éclipses, les sacrifices.

Le mois où la lune se trouve dans la 14° maison lunaire, la constellation appelée Chitrâ (Mars-Avril) est pour eux un mois important.

Sur le plan religieux et rituel, ils n'observent aucune distinction de caste.

 


Les Kâpâlikâ (Porteurs de crânes)

 

Le fondateur des Kâpâlikâ est un sage mythique appelé Âdinâthâ.

Dans la doctrine des Kâpâlikâ, les différents dieux sont des aspects de Shivâ, l'être souverain " manifesté ", c'est-à-dire présentant des aspects multiples (sakalâ), divisés en aspects créateurs (Samsri-kartri) et aspects destructeurs (Samharâkartri).

L'aspect ultime (paramâtman) est l'aspect destructeur appelé Bhaïravâ (Le Terrible). C'est avec cet aspect que le Kâpâlikâ cherche à s'identifier dans une sorte de communion mystique. Les Shaktâ vénéreront de même la déesse sous sa forme destructrice, Kâli.

Dans son effort d'identification le Kâpâlikâ s'efforce de ressembler à l'image de Bhaïravâ. C'est pourquoi d'après le Tiruvorriyur Purânam (en langue tamoule) " il doit porter des signes distinctifs (mudrâ) qui évoquent l'image du dieu et qui sont :

- trois lignes de cendres tracées sur son front, la tête rasée, excepté une mèche au sommet de la tête attachée avec un chapelet d'ossements,
- de grands anneaux aux oreilles (kundalâ), un collier d'ossements (kanthikâ), un cordon sacré noir fait de cheveux tressés. Il doit frotter son corps de cendres, avoir un noyau de Rudrâkshâ, fixé à son poignet par un cordon, et porter une bande de tissu pour attacher ses genoux dans.les postures de Yogâ. "

L'Agamâ-Prâmànyâ, cité dans le Shrî-Bhâshyâ de Râmânujâ, ajoute à ces signes distinctifs :

- un pendentif (ruchakâ), un bijou sur le front (shikhâmani), et, comme accessoires (upâ-mudrâ), un crâne humain (kâpâlâ) une massue (khatvânga) et un bâton (lagudâ) ou un trident (trishûlâ).

Les Kâpâlikâ utilisent un crâne humain comme récipient pour leur nourriture. Ils mangent de la viande et boivent du vin, en particulier le vin de palme ou Toddy. Ils utilisent du vin dans leurs rites. Ils pratiquent toutes les formes interdites de rapports sexuels.

Les Kâpâlikâ sont considérés comme des experts en alchimie (dhâtuvâdâ). Ils savent préparer l'élixir de longue vie (rasâyanâ). Ceci implique une grave responsabilité. Encore de nos jours ceux qui ont acquis le pouvoir de fabriquer de l'or encourent une malédiction si quelqu'un souffre de la faim dans un rayon d'un demi Koshâ (1 800 mètres) du lieu où ils se trouvent.

Le but des Kâpâlikâ n'est pas d'obtenir une libération hypothétique après la mort ; ils cherchent au moyen des Siddhi, des pouvoirs magiques, à transgresser les limites du corps matériel qui emprisonne l'être véritable, pour atteindre une consubstantialité avec les êtres célestes en pratiquant des rites de communion ou bien directement par une faveur du dieu obtenue par des austérités et des sacrifices.

" La dévotion (bhakti) des Kâpâlikâ est une dévotion personnelle à un dieu personnel. Ce dieu est généralement Shivâ sous son aspect terrible Bhaïravâ. Les rites sont propitiatoires et imitatifs. Le but est une identification ou une communion mystique du fidèle et du dieu. Sur le plan humain l'adepte obtient les pouvoirs magiques (siddhi) et, sur le plan eschatologique, la libération (mukti) de l'existence transitoire. Il se transfère dans un paradis de volupté perpétuelle analogue au plaisir sexuel... Il s'homologise au dieu et participe ou reçoit en don les attributs divins. " (David N. Lorenzen, Kâpâlikas and Kâlâmukhas. p. 83.)

La société urbaine s'est toujours opposée aux pratiques des Kâpâlikâ. Le Lalitavistarâ les décrit comme des fous qui enduisent leur corps de cendres, portent des vêtements rouges (Kasâyâ), se rasent la tête, portent un trident (tridandâ), un pot, un crâne et une massue (khatvânga).
Râmânujâ dans son commentaire des Brahmâ-Sûtrâ (II, 2. 35) les appelle " ennemis des Vedâ " (Védâviruddhâ) et les décrit comme : " s'enduisant de la cendre des bûchers funèbres et mangeant de la cendre, utilisant un crâne comme récipient pour leur nourriture, armés d'un bâton, utilisant du vin de palme pour leurs rites, portant à la main et autour de leur chignon des chapelets de Rudrâkshâ (oeil de Shivâ) qui sont des graines d'une plante sacrée. "

" C'est par opposition à ces pratiques, à l'époque de Buddhâ et de Mahâvîrâ, que les adeptes de la religion védique avaient préféré renoncer à manger de la viande et à boire des liqueurs. " (M. R. Sakhare, History an Philosophy of Lingayai Religion, p. 222.)

D'après la doctrine des Kâpâlikâ exposée par Bodholbanâ-Nityânandâ et citée dans le Shankarâ viiayâ de Ânandâ Giri, Bhaïravâ a huit aspects majeurs : Asitânga (aux membres bleu-sombre), Ruru (le daim), Chandâ (violent), Krodhâ (coléreux), Unmattâ (fou), Kâpâlin (porteur de crânes), Bhishanâ (terrible) et Samhârâ (destructeur). Il identifie ces aspects aux dieux brahmaniques Vishnu, Brahmâ, Sûryâ, Rudrâ, Indrâ, Chandrâ et Yamâ. Le huitième Samhârâ est Bhaïravâ.

 

Charyâ (les pratiques)

 

Parmi les pratiques recommandées par Lakulishâ se trouvent :

1.les exercices de Yogâ dans le but d'acquérir des pouvoirs magiques.
2.les six purifications (Shat-Karmâ) du Hathâ Yogâ.
3.les pratiques sexuelles, considérant la volupté comme une expérience de l'état divin.
4.les rites initiatiques ou autres des Kâlâmukhâ et des Kâpâlikâ.
5.la participation aux sacrifices et la consommation de la chair des victimes dans des banquets sacrés.
6.l'usage, au cours de réunions de caractère mystique, d'une boisson intoxicante faite de chanvre indien qui provoque des états de transe.

" Les observances recommandées pour les ascètes sont au nombre de sept :
1.Ils doivent vivre nus et s'enduire le corps trois fois par jour de cendres, de préférence les cendres des bûchers funèbres.
2.dormir sur un lit de cendres.
3.crier un Mantrâ particulier : Ahâ, Ahâ.
4.chanter à haute voix les louanges du dieu.
5.danser ensemble soit selon l'art de la danse soit d'autres manières.
6.courber en arrière la pointe de la langue et rugir comme un taureau, l'animal sacré qui est le véhicule de Shivâ (ce rugissement est appelé hudukkâra).
7.se prosterner devant les lieux saints et en faire le tour en invoquant Shivâ.
Eviter de pratiquer ces observances en présence des noninitiés. " (M. R. Sakhare, History and Philosophy of Lingayat Religion, p. 223.)

Les cinq " M "

L'être vivant est une image de l'être universel. Tous les organes du corps ont donc des correspondances dans l'être divin. On peut approcher la divinité à travers n'importe laquelle des fonctions vitales. Les moins intellectuelles sont considérées dans les pratiques tantriques comme les plus directes. C'est ainsi que les fonctions alimentaires, créatrices d'énergie, et les fonctions purificatrices, fonctions de rejet, peuvent être aussi utilisées à des fins de contact avec le surnaturel. Les rites tantriques incluent des pratiques liées à ce que les textes appellent les cinq " M " car leur nom sanskrit commencent par cette lettre. Les cinq " M " sont considérés comme des sources de pollution dans les rites de la main droite mais, dans l'inversion rituelle du Tantrisme, ils deviennent des éléments de purification. Les poèmes mystiques de Kanhapâdâ répètent que ce qui est le plus bas dans le monde est le plus haut dans le doriaine de l'esprit.

Les cinq " M - sont :
La viande (Mansâ), le vin (Madhyâ), la copulation (Maïthunâ), les excréments (Malâ) et l'urine (Mutrâ). L'urine est aussi appelée Shivâmbu (eau de Shivâ) car issue du Lingâ. Les commentateurs modernes ont substitué aux deux derniers " M " le poisson (Matsyâ) et des graines séchées (Mudrâ). D'après le Kuldrnavâ Tantrâ (v. 79-80) " Le vin est Shakti, la Déesse; la viande est Shivâ ; la volupté, le courant qui unit Shivâ et Shakti, est l'état divin appelé libération (mokshâ).

Malâ et Mutrâ

Tous les Hindous absorbent rituellement chaque jour une petite quantité des cinq produits de la vache qui comprennent la bouse et l'urine. La pièce où l'on cuit les aliments est purifiée chaque jour avec un enduit de bouse. Il existe par ailleurs des pratiques et des rites liés aux fonctions de rejet qui sont exposés dans le Damarâ Tantrâ révélé aux seuls initiés.

Mansâ (la viande) et Médhâ (le sacrifice)

La consommation de la viande est liée au principe du sacrifice. La communion, la consommation d'un morceau de la victime par les participants, est un élément essentiel du rite.
La vie n'existe que par un perpétuel massacre. Nul être ne peut survivre qu'en dévorant d'autres êtres vivants. Pour nous rapprocher des puissances célestes nous devons nous associer au sacrifice cosmique, les amadouer en leur offrant des victimes et éviter ainsi les hécatombes.
L'acte de tuer est un acte responsable qui doit être accompli comme un rite. La victime doit être offerte aux dieux avant d'être consommée. Nous ne mangeons alors que les reliefs du repas des dieux et cessons d'être des meurtriers. Nous évitons ainsi que les dieux ne frappent au hasard.

Les sacrifices humains

Il en est de même des sacrifices humains. Si nous voulons éviter les guerres, les cataclysmes, les hécatombes, nous devons offrir aux dieux des victimes.

La nécessité des sacrifices est un élément important de la doctrine des Kâpâlikâ. D'après le Kâlîkâ Purânâ : " La déesse Kâmâkhyâ, compagne de Bhaïravâ, est satisfaite par une offrande de chair humaine. Le sang consacré devient de l'ambroisie. La tête et la chair doivent être offerts à la déesse. Des morceaux de chair sans poils font partie des offrandes de nourriture. "

D'après le Prabodhâ-Chandrodayâ, " Le KâpâIikâ qui mange de la chair humaine dans le crâne d'un homme de bien devient l'image du Grand Dieu (Mahârâjâ parajayâ). Il termine son jeûne en buvant du vin dans le crâne d'un Brahmane. " " La contrepartie des sacrifices d'hommes et d'animaux est le sacrifice de soi-même allant du suicide à la mutilation, des mortifications corporelles aux disciplines mentales. La principale forme de sacrifice de soi-même est le Mahâ Vratâ, le Grand Voeu. " (David. N. Lorenzen, op. cit. p. 87.)

La communion alimentaire dans le rite est basée sur la notion que nous sommes ce que nous mangeons. L'identification des nourritures rituelles avec le corps et les produits du corps de Shivâ et de Shakti crée une consubstantialité du communiant avec eux. Celui-ci devient dieu et participe aux attributs divins tels que l'immortalité et les pouvoirs magiques.

Les anciens rites de sacrifice humain (purushâmédhâ) étaient fréquents durant l'époque médiévale. Les Kâpâlikâ les pratiquent encore mais ils sont tenus très secrets. Ils sont mentionnés dans diverses pièces du théâtre classique. Dans le Mâlatî-Mâdhavâ de Bhavabhûti (VII° siècle) un Kâpâlikâ cherche à sacrifier l'héroïne Mâlatî en vue d'acquérir un pouvoir d'incantation (mantrâ-siddhi). Vers la même époque, Vadirâjasûri dans son Yashodharâ-Kavyâ décrit le sauvetage de deux enfants que l'on avait soignés et couverts d'ornements avant de les mener au lieu du sacrifice.

Le Vétâlâpanchavishati raconte comment le roi Vikramâ que l'on était en train de vêtir pour le sacrifier est sauvé par un Vetâlâ, un fantôme qui s'était incarné dans le corps d'un mort.

" Le septième jour des fêtes dédiées à Shivâ (Shivâ Mahotsavâ), on célèbre encore aujourd'hui à Madura l'empalement des Jaïnâ ordonné par le roi Tirujanar Sambandhar (VII° siècle). Cet événement est décrit dans le Kârandgamâ dans la partie concernant la vie de ce saint shivaïte. " (Gopinatha Rao, Elements of Hindu Iconography, vol. 1 Introduction.) Encore au XVI° siècle le roi Narâ Narâyanâ, au nord du Bengale, aurait sacrifié 150 hommes durant une seule cérémonie.

Madhyâ : les liqueurs intoxicantes

Un état d'ivresse, qui obnubile les préoccupations matérielles, est une préparation utile aux rites extatiques. La danse est également un moyen de préparation aux pratiques magiques.
Le vin généralement utilisé est le vin de palme, de nos jours appelé Toddy.
Mais la substance intoxicante la plus employée dans les réalisations tantriques est le Vijayâ, une boisson à base de chanvre indien, appelée Bhang de nos jours. Il est recommandé de le boire une heure et demie avant les rites concernant les cinq " M ". D'après A. Bharati (The Tantric Tradition p. 252) son effet est considéré comme aphrodisiaque (utté-jakâ).

Les Drogues

Chacune des substances qui forment la matière correspond à un graphe, une entité exprimable par un diagramme, une formule mathématique ou chimique. Comme nous l'avons vu il existe une conscience, une individualité qui régit chaque formation, chaque conglomérat, chaque aspect de la matière. Les substances qui composent les êtres vivants correspondent à des formules complexes. L'être vivant est une usine biochimique et les phénomènes de la perception, de la sensation, du plaisir, de la douleur, de la mémoire et même de la pensée peuvent être considérés comme des réactions dues à l'activité de certains composants qui agissent sur les cellules de notre système nerveux et de notre cerveau. L'intrusion d'un excès de l'un de ces composants modifie, fut-ce temporairement, notre équilibre émotif, nos capacités de plaisir ou de souffrance, d'action, de lucidité, de mémoire, de perception, notre joie de vivre ou nos états dépressifs.
Ces substances que nous pouvons appeler des drogues, des calmants, des stimulants, ne sont pas des produits neutres. Comme toutes les composantes de l'être vivant, elles correspondent à des entités issues du plan divin et douées d'une personnalité, d'une conscience, d'une autonomie. Nos états d'âme sont dus aux aléas d'une sorte de guerre entre des armées de molécules correspondant à des êtres subtils. L'agression de l'un de ces esprits chimiques sur l'être humain n est pas différente de celle d'un démon ou d'un ange. Il s'agit d'une possession. C'est pourquoi le drogué n'est plus le maître de lui-même. Il peut détester la drogue qui s'impose à lui malgré lui. Il existe un esprit du tabac, un esprit du chanvre, un esprit du peyotl, un esprit du pavot, un esprit du vin qui, s'ils ne sont pas contrôlés, mènent leurs victimes à leur guise. Toutes les religions ont reconnu l'existence de ces forces subtiles et ont cherché à les amadouer. Il n'existe pas de religion dont les rites n'utilisent pas une substance énivrante.

Il en subsiste toujours quelque chose, même si nous en avons perdu le sens. Nous buvons au succès d'une entreprise et le vin joue un rôle dans le rite chrétien. Les Amérindiens utilisaient le tabac pour sceller une alliance et pratiquaient des rites du peyotl très élaborés. Il existe un rituel des fumeurs d'opium, des cérémonies du thé. Les rites du Soma qui provoque l'extase mystique, sont un élément essentiel des rites védiques et le dieu Soma occupe une place importante dans le panthéon aryen. En Occident Dionysos comme dieu du vin prendra la place du dieu Soma. Dans l'Inde c'est le Bhang (boisson de chanvre indien) qui est, de nos jours, consommé dans des assemblées de caractère rituel.

Lorsque les dieux veulent détruire un tyran maléfique ils lui inspirent la folie qui fait qu'il cause lui-même sa perte. Les drogues font partie de leur armement. Leur intrusion irrationnelle et immodérée annonce la destruction de l'espèce à la fin du Kali Yugâ.

Pour contrôler les esprits chimiques qui cherchent à prendre possession de nos facultés nous devons d'abord comprendre leur nature et les vénérer. Toute drogue est à la fois ange et démon. C'est en en ritualisant l'emploi que, comme l'on fait toutes les cultures traditionnelles, nous pouvons en maîtriser ou en éliminer l'influence.

Maithunâ, Rites sexuels

D'après le Kâpâlikâ Unmattâ-Bhaïravâ dans son commentaire du Shankarâ Digviiayâ de Mâdhavâ (XV 28) : " L'état d'extase qui se manifeste dans l'acte sexuel fait partie de la nature même de Bhaïravâ. Ce que l'on appelle libération (mokshâ) est l'obtention d'un état d'extase. La libération est comparée à un orgasme permanent, un état actif de bonheur (ânandâ) qui fait partie de la nature des dieux. " " Celui qui vénère le soi, établi dans la vulve (bhâgâsanâsthâ) atteint la libération. " (Âgamâ-Prâmânyâ.)

L'union du sperme (Shivâ) et du sang menstruel (la déesse) dans leur copulation perpétuelle, forme l'ambroisie tantrique (kulâmritâ). Dans la pratique du Yogâ appelée Vajroli Mudrâ, boire le nectar issu de l'union sexuelle signifie la réabsorption à travers le pénis, du sperme émis dans le coït mêlé au sang féminin.


L'Amour et la Mort

La relation de l'érotisme et de la mort fait partie, chez les Kâpâlikâ, d'une théorie des " passages ", c'est-à-dire des points où les mondes visibles et invisibles se touchent . C'est au moyen de l'accouplement que s'accomplit le mystère du " passage " de la non-existence à l'existence d'un être vivant. L'acte sexuel est donc un acte magique. C'est au moment de ce rite que s'ouvre le passage qui relie le créateur et le créé. Ce qui est important c'est l'ouverture du passage. Qu'il y ait conception ou non est un aspect secondaire. Le second lieu de passage, celui où l'être vivant se dissout dans la non-existence, est le bûcher funèbre. C'est seulement au moment de la crémation que les structures matérielles qui formaient l'habitat du corps subtil sont détruites. La mort apparente n'est pas la fin du corps car un Yogi ou un esprit errant peuvent, en insérant leur énergie psychique dans un cadavre, ressusciter un mort et utiliser pour un temps ses structures.

Le principe de la vie n'est pas localisé seulement dans le cerveau ou le coeur. Ceci est évident puisque des transferts d'organes permettent de les ressusciter. Il est difficile de savoir à quel moment l'organe interne se dissout, à quelle partie de la matière la conscience et le moi restent attachés. C'est seulement lorsque le corps est entièrement détruit que la libération complète des énergies subtiles a lieu. C'est pourquoi le lieu de crémation est, lui aussi, un lieu de passage entre deux mondes. C'est donc un lieu magique et sacré. Le Yogi, qui revêt son corps de la cendre d'un mort, redonne une forme humaine à sa matière. Il devient en quelque sorte son reflet, son fantôme vivant, et comme tel, se trouve en contact avec deux mondes. Il acquiert ainsi de mystérieux pouvoirs en s'appropriant l'énergie psychique du défunt.

Dans une pièce de théâtre de Bhavabhûti, le MâlatîMâdhavâ, un Kâpâlikâ dit : " C'est en errant près des bûchers funèbres que j'ai pu toucher l'au-delà du monde des apparences (samsârâ). "

C'est dans les moments où il pratique l'acte sexuel ou bien lorsqu'il s'enduit de la cendre des bûchers funèbres que l'ascète s'approche du point-limite (du bindu) où le divin et l'humain se touchent et que, s'il a la force de traverser l'étroit passage, il peut dépasser l'état humain et se joindre à la cohorte des êtres supérieurs, devenir compagnon de Shivâ (Rudrâ-sayujyâ). Les Kâpâlikâ ne pratiquent pas la crémation. Leurs corps sont inhumés directement dans la terre -mère.

Ceux qui ont réussi la transmutation et abandonnent leur apparence terrestre en posture de Yogâ sont immergés par leurs frères dans le fleuve sacré (le Gange) issu de la chevelure de Shivâ, ou bien on construit autour d'eux, sans les toucher, un habitacle de pierres parfois recouvert d'un tumulus. Toutefois ils considèrent les lieux de crémation comme des lieux magiques où l'être et le non-être se touchent au moment où des corps sont livrés aux flammes.

Les formes les plus diverses de rites funéraires étaient et sont encore pratiqués en Inde.

Le Manimékhalai en donne une description : " Le cimetière était divisé en secteurs selon les diverses manières de disposer des morts. Un espace assez réduit était réservé pour les crémations. Il y avait aussi un terrain vague où les corps sont simplement abandonnés sans sépulture. Plus loin se trouvaient les cimetières. Dans l'un les morts sont enterrés dans des tombes simplement creusées dans la terre, dans l'autre les corps sont placés dans de petites chambres creusées dans le sol dont l'ouverture est ensuite fermée. Il y avait aussi un secteur où les corps étaient recouverts par de larges pots de terre cuite. Un vacarme constant était dû au fracas des tambours frappés en l'honneur des morts, mêlé au son des voix qui récitaient les mérites de moines décédés et aux cris de ceux qui pleuraient les défunts auxquels s'ajoutaient les hurlements des chacals et des hiboux.

A certains endroits étaient plantés des arbres Vâhai, résidences favorites des esprits maléfiques, et des arbres Vilâ où perchent les vautours qui se nourrissent de la graisse et de la chair des cadavres. Il y avait des bosquets plantés de Vanni à l'ombre desquels résident les Kâpâlikâ, porteurs de crânes, et d'autres plantés d'Ilandaï où campaient les ascètes mendiants qui fabriquent des colliers de crânes. Il y avait aussi d'autres terrains sans arbres où se tiennent les gens qui se nourrissent de la chair des cadavres. Une enceinte, entourée d'un mur percé de quatre portes, contenait un temple dédié à Kàlî et des monuments de tailles diverses portant des inscriptions concernant les morts dont ils recouvraient les restes. Ces inscriptions donnaient les détails du nom, de la caste, du mode de vie, du statut dans la société et de la manière dont étaient morts ceux pour qui ces monuments avaient été érigés. On y voyait aussi des colonnes dédiées aux différents dieux devant lesquelles étaient déposées des offrandes.
Sur des plate-formes de pierre étaient construits des abris où les gardiens pouvaient se protéger du vent et de la pluie. Il y avait aussi des terrains ombragés où se reposaient les visiteurs. " (Manimékhalaï, Livre VI)

Mahâ Vratâ, Le Grand Voeu

" Le Grand Voeu est une forme extrême d'ascèse propitiatoire qui purifie le corps et qui est suivie de rites de communion au moyen desquels le dévot s'unit à la divinité à travers la nourriture, la boisson, le sexe, la danse et l'extase. " (David N. Lorenzen, Kâpâlikas and Kâlâmukhas, p. 88)

" On doit se préparer au Grand Voeu par le jeûne et l'observance des dix règles (yamâ) et des dix interdictions (niyamâ) du Yogâ et, pendant cette période, on doit dormir sur la terre nue, et circuler en tenant un crâne dans la main droite et un bâton dans l'autre. " (Vishnnu Smriti)

Les moyens de subsistances (vritti) sont la mendicité (bhaikshyâ), les restes de nourriture (utsrishtâ) et ce que la chance apporte (yathâlabdhâ). L'initiation au Grand Voeu comprend de sévères pratiques d'ascétisme mais aussi des humiliations rituelles, des paroles obscènes, des pratiques sexuelles. Les Kâpâlikâ pratiquent durant le Mahâ Vratâ des mutilations sur eux-mêmes, taillant des morceaux de leur propre chair pour en faire une offrande à la déesse.

D'après le Harshâcharitâ de Bânâ (VI° siècle), les Kâpâlikâ qui pratiquent le Grand Voeu, pour obtenir la faveur des Mâtrt'kâ, les Mères Célestes
- se brûlaient à une lampe
- offraient un crâne
- mettaient de la résine fondue sur leur tête
- faisaient des offrandes de leur propre chair
- vendaient de la chair humaine y compris celle taillée dans leur propre corps.

Dans le Kadambari, Bânâ attribue l'origine de ces pratiques à des coutumes tribales. Il mentionne que " les gens de la tribu des Shabarâ offraient de la chair humaine à la déesse Chandikâ " et qu'ils " étaient couverts de cicatrices à cause de leurs offrandes de sang ".

D'après le Vishnu Purânâ " celui qui pratique le Grand Voeu doit se construire une hutte de feuilles dans la forêt et y résider. Il doit se baigner trois fois par jour, marcher de village en village, dormir sur la paille, porter au bout d'un bambou le crâne d'un homme tué rituellement. Ce crâne doit être celui d'un homme de qualité (uttamâ purushâ kapâlâ) ou celui d'un Brahmane (brahmâ kapâlâ) ".
Selon le Yâjiiavalkyâ Smriti (III, 243) il doit utiliser un crâne comme récipient pour mendier sa nourriture.


L'initiation des Pâshupatâ

Du point de vue tantrique il n'existe que deux castes, celle des êtres mâles et celles des êtres femelles. L'initiation shivaïte est ouverte à tous, sans distinction de caste ou de sexe. Un Shudrâ peut donc devenir le Guru d'un Brahmane.

Le seul sacrement des sectes shivaïtes est le rite d'initiation. Haradattâ, dans la Ganâ-Kârikâ explique que l'initiation des Pâshupatâ comporte cinq degrés appelés Vyaktâ (extérieur), Avyaktâ (secret), Jayâ (victoire), Chédâ (rupture) et Nishthâ (réalisation). Les formes d'initiation décrites concernent essentiellement ceux qui se destinent à la vie monastique pour devenir porteurs de la tradition occulte.

La première initiation

Le lieu (déshâ) de la première initiation (extérieure) est la demeure du Guru, la source de sa force (balâ) réside dans la dévotion envers le maître (Guru bhakti).
L'impureté (malâ) dont elle délivre est le faux savoir (mithyâ-jhânâ).
Son effet purificateur (vishuddhi) est d'éliminer l'ignorance (ajiiânâ-hâni).
Le moyen (upâyâ) est l'imprégnation de la doctrine (vâsâ). Le bénéfice (lâbhâ) est l'accès à la connaissance (jiiânâ). Le stade atteint (dikshâ-karin) est celui de la substance (dravyâ).
Les règles de conduite Charyâ du premier stage incluent les six offrandes (Shadangâ Upahârâ) qui sont danser, chanter, rire, émettre un cri de bon augure Huduk (ou dumdum), se prosterner (namaskârâ) et réciter des Mantrâ (japyâ) en compagnie d'autres Pâshupatâ. Dans ce premier stage l'aspirant adopte les signes de la secte et accomplit certains voeux. Il se frotte de cendre et se couche dans la cendre. Il porte des colliers de fleurs pris sur une image de Shivâ. Il vit dans un temple.

La deuxième initiation

Le lieu (déshâ) de la deuxième initiation (secrète) est au milieu du public (janâ). La source de sa force (balâ) est l'offrande de son intelligence (mati prasâdâ). L'impureté (malâ) dont elle délivre est la notion d'interdits (adharmâ).
Son effet purificateur (vishuddhi) est de supprimer les interdits (adharmâ-hâni). Le moyen (upâyâ) est l'observance des règles (charyâ ou vidhi). Le bénéfice (lâbhâ) est l'austérité (tapas). Le stade atteint (dikshâ-karin) est la maîtrise du temps (kâlâ).
Selon le Pâshupatâ Sûtrâ, l'aspirant, dans le deuxième stage, doit, avant tout, rechercher la " rupture avec la société ".
C'est pour cela qu'il s'efforce d'inspirer le mépris des gens des castes sacerdotales et bourgeoises.
Il peut ainsi maintenir son indépendance et son intégrité. Il doit donc apparaître fou, misérable, le corps souillé, les ongles, les cheveux, la barbe en désordre.
D'après Kaundinyâ, dans le deuxième stage " l'aspirant quitte le temple et enlève les signes distinctifs de la secte. Il encourage le mépris du public en particulier au moyen des six pratiques appelées " portes " (dvârâ) qui sont :
Krâthanâ, faire semblant de dormir et de ronfler
Spandanâ, agiter ses membres comme quelqu'un atteint de la danse de Saint-Guy
Mandanâ, marcher comme un boiteux
Shringâranâ (exhibitionisme), faire des gestes obscènes en présence des femmes
Avitatkaranâ, faire semblant d'être idiot
Avitatbhâshanâ, prononcer des discours dépourvus de sens. "
Il doit errer comme un fantôme (prétâ) et pratiquer des voeux par lesquels il s'identifie à des animaux. Le Bauddhâyanâ (II, 1.3), un texte bouddhique, prétend que certains d'entre eux portent une peau d'âne avec les poils en dehors.

La troisième initiation

Le troisième stade de l'initiation est appelé la victoire (jayâ). Le lieu (déshâ) est une caverne (guhâ déshâ) ou un lieu secret. La source de sa force (balâ) est la réalisation du caractère illusoire des contraires (dvandvâ jayâ) (vrai-faux, beau-laid, bien-mal, etc.).
L'impureté (malâ), qui fait obstacle, est tout ce qui attire (shakti hétu). Son effet purificateur (vishuddhi) est de détruire tous les attachements (sangakarâ hâni). Le moyen (upâyâ) est la répétition de Mantrâ Oapâ) et la méditation (dhyânâ). Le bénéfice (lâbhâ) est d'obtenir la pérennité des dieux (dévâ nityatvâ). Le stade atteint (dikshà karin) est celui du pouvoir d'agir (kriyâ) sur tous les êtres et les éléments.

La quatrième initiation

Le quatrième stade de l'initiation est appelé la rupture (chédâ). A ce stade l'initié rompt avec tous ses liens terrestres. Le lieu (déshâ) est celui des crémations (smashânâ). La source de sa force est la réalisation de soi-même (dharmâ).
L'impureté (malâ) à vaincre est le doute (chyuti). L'effet purificateur (vishuddhi) est la foi, l'absence de doute (chyuti hâni). Le moyen (upâyâ) est la méditation constante sur Shivâ (sadâ Rudrâ smriti). Le bénéfice (lâbhâ) est l'identification à Shivâ (Rudrâ sthiti). Le stade atteint (dikshâ karin) : l'adepte (sâdhakâ) devient l'image (murti) du dieu et un objet de vénération.

La cinquième initiation

Le cinquième stade de l'initiation est la réalisation finale (nishtâ). L'adepte renonce à tout effort physique ou mental, religieux ou profanes Le lieu (déshâ) est Shivâ lui-même. L'origine de sa force est l'absence de distraction (apramâdâ). L'impureté (malâ) à vaincre est le fait d'être un être vivant (pashutvâ). L'effet purificateur (vishuddhi) est l'élimination de la nature animale (pashutvâ hâni). La méthode n'existe pas. Tout dépend de la grâce (prasâdâ) du dieu. Le bénéfice (lâbhâ) est l'obtention des pouvoirs magiques (siddhi). Le stade atteint est celui de Guru.

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