|
LES MANIFESTATIONS DES
TROIS TENDANCES FONDAMENTALES LA GRANDE DEESSE : LA GRANDE DEESSE SOUS L'ASPECT DES DIX MAHÂ VIDYA : TARA DESCRIPTIONS DE LA DEESSE
DANS LE DEVI SUKTA
|
|
Au long du
Gange sacré : Varanasi - Bénarès
"Elle, dont Brahmâ et les autres dieux ne connaissent pas la forme, est appelée l'Inconnaissable. Elle, à qui on ne connaît pas de limite, est appelée Infinie (anânta). Présente partout elle est appelée l'Unique." "Parmi les formes de connaissance, elle est le pouvoir transcendant de la conscience. Parmi les formes de vide, elle est la nature du non-être. Celle, au-delà de qui rien n'existe est connue comme Durgâ, l'Inatteignable, de laquelle les mots et la pensée retombent, ne pouvant rien saisir. " La première (prathamâ) parmi les déesses, elle
est la divinité suprême de la multiplicité (Mahâ
Lakshmî) qui est le principe de l'expansion de l'univers (prapancha)
et des incarnations divines (avatâra). Elle représente
l'état d'équilibre des trois tendances fondamentales et
l'aspect de l'être suprême. Elle apparaît sous deux
aspects étant définissable ou indéfinissable (alakshya). Parmi ses innombrables formes neuf sont prédominantes. Ce sont: La fille de la montagne (Shaila Putrî) "Bien que sans qualités c'est afin de permettre des réalisations
que tu apparais avec des qualités.
a : Tamas, la tendance centrifuge et l'obscurité La Grande Déesse primordiale, la divinité transcendante
de la multiplicité (Mahâ Lakshmî), voyant que l'univers
manquait de base, s'incarna dans la tendance centrifuge, adoptant une
nouvelle et merveilleuse apparence. Nombreux sont les noms et les formes
attribués à la divinité transcendante de la multiplicité
quand elle assuma la tendance centrifuge car elle personnifie toujours
les états du temps. C'est pourquoi dans les conditions d'instabilité
de la nature potentielle elle prit, parmi d'autres formes, celle de
la puissance transcendante du temps (Mahâ Kâlî) et,
comme telle, devint la mesure de la durée du planificateur Brahmâ
et des autres dieux ainsi que leur destructeur. Quand elle apparut,
la puissance du temps demanda à la divinité transcendantale
de la multiplicité : " Dis-moi quel est mon nom et mon travail
". Mais Mahâ Kâlî n'est pas réellement
distincte de Mahâ Lakshmî, la Déesse primordiale,
bien qu'il y ait une différence dans leurs images. Mahâ
Kâlî est décrite noire comme du Kohl pour les yeux
avec de belles dents et un charmant visage, de longs yeux et la taille
mince. Elle tient une épée, une cruche, un crâne
et un bouclier et porte un collier de joyaux et de crânes, parfois
seulement de crânes. b : Sattva, la tendance cohésive (source de lumière) Toutefois lorsque la divinité transcendante de la multiplicité
revêtit la pure tendance cohésive elle apparut sous une
autre gracieuse forme. Brillant doucement comme la lumière de
la lune, elle apparut comme une femme céleste tenant un chapelet,
un crochet à éléphant, une Vînâ et
un livre. c : Rajas, la tendance gravitationnelle Mais puisque la divinité transcendante de la multiplicité
représente l'état d'équilibre des trois tendances
fondamentales elle est aussi présente dans la gravitation. Elle
est alors décrite comme de couleur rouge, la couleur de la tendance
gravitationnelle. Pour créer, l'activité et le savoir sont nécessaires. L'activité de la gravitation et le savoir de la force de cohésion de l'univers (Sattva) permettent la création. C'est pourquoi, c'est avec l'aide de Sarasvati que Brahmâ peut créer. C'est à travers la force d'expansion (Tamas) liée à la gravitation (Rajas) que le monde subsiste. C'est pourquoi, c'est avec sa partenaire Lakshmî que Vishnou protège. La destruction a lieu par le rapport entre la lumière, effet de tendance cohésive (Sattva), et l'obscurité de la tendance à la dispersion (Tamas). C'est pourquoi, c'est avec l'aide de Gaurî, la Déesse blanche, que Shiva détruit le monde. LA GRANDE DEESSE DE LA MULTIPLICITE, MAHÂ LAKSHMÎ La Grande Déesse qui jaillit du corps de tous les dieux a mille
bras, c'est-à-dire innombrables. Toutefois ses fidèles
la vénèrent avec dix-huit bras. Son visage est blanc,
formé de la lumière issue de Shiva. Ses bras issus de
Vishnou sont d'un bleu sombre. Ses seins arrondis formés de Soma,
l'élixir immortalité, sont blancs. Sa taille faite d'Indra,
le roi des dieux, est rouge. Ses pieds, issus de Brahmâ sont en
conséquence rouges eux aussi. Ses mollets et ses cuisses formés
de Varuna, dieu des eaux, sont bleus. Elle porte une jupe de couleurs
gaies, un voile et de brillants colliers.
C'est sous cette forme que la Grande Déesse de la multiplicité (Mahâ Lakshmî) apparaît comme le sommeil de réintégration (Yoga nidrâ) de Vishnou. Brahmâ lui intima de réveiller Vishnou. Elle a dix visages, dix bras, dix pieds et trente-trois grands yeux qui terrifient ses ennemis. Pour ses fidèles sa forme représente l'essence, la base de toutes choses. LA GRANDE DEESSE DU LAC DU SAVOIR, MAHÂ KÂLÎ Sous cet aspect, la Grande Déesse de la multiplicité est parfois représentée avec huit bras portant huit attributs : une flèche, une massue, une lance, un disque, une conque, une clochette, une charrue et un arc. Celui qui la vénère acquiert un savoir universel.
Mahâ Kâlî, le super-pouvoir du temps est lié
à la destruction universelle. Elle est donc de couleur noire.
Elle est debout sur un cadavre car elle se tient sur l'univers mort
et sans force. La puissance qui détruit les ennemis inspire la
peur. Le rire du guerrier qui a tué son rival est encore plus
terrifiant. La Grande Déesse, ayant humilié la fierté
de l'univers réduit à l'impuissance, rit violemment. " Montée sur un cadavre, terrible à voir avec ses
dents effrayantes, elle rit. Elle a quatre La nature de Mahâ Kâlî, le suprême pouvoir du temps, est la béatitude au-delà de l'au-delà qui est la forme du bonheur absolu du Brahman, l'être transcendant. Dans l'Embryon d'or (Première localisation cosmique à
partir de laquelle le monde se développe.) (Hiranyagarbha), le
corps subtil de l'univers, brille une lumière. Dans la nuit du
temps, l'état de dissolution de l'univers, cette lumière
apparaît comme une étoile révélant l'existence
du monde subtil et le moyen de l'atteindre. C'est cette lumière
ou énergie de l'Embryon d'or qui est appelée l'étoile
(Târâ). " Debout sur un cadavre décomposé qu'elle piétine en riant très fort, elle est au-delà de tout. Elle tient dans ses mains une épée, un lotus bleu, un poignard et un bol de mendiant. Elle lance son cri de guerre, le Bîja Mantra HOUNG. Ses cheveux jaunâtres, en désordre, sont liés par de venimeux serpents bleus. Telle est Târâ la terrible qui frappe sur leur tête les trois mondes inclinés devant elle. " Ses quatre bras sont également entourés de serpents qui
suggèrent la destruction alors que ceux qui entourent ses cheveux
hirsutes montrent à quel point sont dangereuses ses émanations
venimeuses. Quand on la montre tenant une coupe et une tête tranchée,
ceci indique que, dans sa fureur, elle boit la sève du monde. " La juste manière de me vénérer est la manière bouddhiste, Ô Jarnadana, tortureur des êtres ! Seule une personne en connaît le secret et nul autre. " (Lalitâ Upakhyâna) C'est surtout sous son aspect bénéfique de bonne étoile
(Sutârâ) qu'elle est vénérée par les
Jaïnas. " 0 Grande Déesse ! Sans aucun dommage, Shiva but le terrible poison Halâhala ; c'est pourquoi il est appelé impérissable. Sa moitié la grande Mâyâ sous la forme de l'étoile se divertit avec lui. " LA FILLE DE SEIZE ANS, SHODASHI L'aspect paisible de l'Embryon d'or, corps subtil de l'univers, identifié au principe solaire est appelé Shiva. Sa représentation visible a cinq visages et en lui les seize degrés de l'être total sont complètement développés. Il est donc appelé le garçon de seize ans et la Shakti de ce dieu aux cinq visages est appelée la fille de seize ans (Shodashî). " Brillante comme l'orbe d'un soleil naissant, elle a quatre bras et trois yeux. Elle tient un lacet, un crochet à éléphant, une flèche et un arc. Je te salue, Déesse de bon augure. " (Shodashî Tantra)
La base de l'univers conçu comme étant une évolution est le dieu aux trois mères (Triambaka). Sa Shakti est la souveraine des sphères. " Brillante comme l'aurore avec la lune comme diadème, les seins hauts, ayant deux yeux, souriante. Ses mains faisant le geste de protéger et d'accorder des faveurs et tenant un crochet d'éléphant et un lasso. Je te salue, Souveraine des sphères. " Avec le Soma, l'ambroisie de l'offrande sacrificielle qui est l'essence
de la lune, elle calme la soif du monde entier. C'est pourquoi la Grande
Déesse porte la lune comme diadème. Elle prend soin des
trois mondes, c'est pourquoi elle fait le geste d'accorder des dons
(vara mudrâ). Son sourire montre sa bienveillance. Les emblèmes
de son pouvoir sont le crochet à éléphant et le
lasso. La conscience qui préside à l'évolution de l'univers est représentée comme un corps sans tête (Kabandha) dont l'énergie est la tête coupée (Chinna mastâ). Le progrès et la décadence ont lieu constamment dans le monde. Lorsque le déclin est faible et le progrès important, la Déesse des sphères apparaît, mais quand le progrès est faible et le déclin important, c'est le règne de la décapitée. sa formule à méditer est comme suit : " Son pied gauche toujours en avant dans le combat, elle tient sa tête coupée et un couteau. Nue, elle boit avec volupté le nectar du sang jaillissant de son corps. Le joyau de son front est tenu par un serpent. Elle a trois yeux, ses seins sont ornés de lotus. Sensuelle, elle se tient debout sur le dieu de l'amour. Elle ressemble à une rose rouge de Chine. Ses yeux sont bleus, elle porte une guirlande de lotus bleus. " LA TERRIBLE DEESSE DES TROIS CITES, TRIPURA BHAIRAVI
"Je te salue souriant doucement, rayonnant de l'éclat rougeoyant de mille soleils levants, vêtue de soie tu portes un collier de crânes. Ta poitrine est tachée de sang. Ton visage de lotus est orné de trois yeux voluptueux. La lune est ton diadème. Tes mains de lotus font les gestes de victoire, de savoir, d'accorder des faveurs et de calmer la peur. " (Bhairavî Tantra)
" Une femme d'apparence malsaine, agitée, perverse, avec des vêtements sales et des cheveux flottants. Elle a des dents qui manquent et ressemble à une veuve. Elle est montée sur un char sur lequel flotte une bannière marquée d'un corbeau. Ses seins sont flasques. Elle porte un panier de vannage dans sa main. Ses yeux sont cruels, ses mains tremblent. Elle a un long nez. Elle est trompeuse et a l'air fourbe. Toujours affamée et assoiffée elle inspire la peur et suscite les conflits. " L'énergie qui préside dans l'individu à un désir de détruire ses ennemis, et dans l'être universel au désir de détruire le monde, est appelée Bagalâ, la perfide. Sa formule de méditation est la suivante " Je salue la Déesse aux deux bras qui, de sa main droite, saisit la langue de son ennemi et le torture de sa main gauche. Elle est vêtue de jaune et tient une massue. " Shiva est appelé l'éléphant (Matanga). Celle qui incarne son pouvoir est Matangî, l'éléphante. Sa formule de méditation est comme suit: " Nous méditons sur Matangî, la puissance de l'éléphant, qui réjouit les coeurs. Elle est noire, portant un collier en forme de croissant. Elle a trois yeux de lotus. Assise resplendissante sur un trône incrusté de joyaux, elle comble les désirs de ses fidèles. Les phalanges des dieux s'inclinent à ses pieds. Elle rayonne comme un lotus bleu et ressemble à l'incendie de forêt qui consume la forêt des démons de la nuit tenant dans ses quatre belles mains de lotus un lacet, une épée, un bouclier et un crochet d'éléphant, elle accorde tout ce qu'ils désirent à ceux qui la vénèrent. " La Shakti de la personnification de Shiva éternel (Sadâ Shiva Purusha) est la Fille-Lotus Kamalâ. Sa forme de méditation est comme suit : " Au teint doré, baignée par l'ambroisie versée de vases d'or tenus par les trompes de quatre éléphants blancs, elle ressemble à la montagne neigeuse. Ses mains accordent des dons, écartent la crainte et tiennent deux lotus. Elle porte un brillant diadème. Ses hanches pareilles à des fruits mûrs sont drapées dans un léger tissu de soie. Nous la saluons debout sur un lotus. " Lalitâ, qui représente l'univers, correspond à l'aspect bienveillant de l'être suprême. LA DEESSE DE LA VOLUPTE, KAMESHVARI L'aspect favorable de l'être suprême dépourvu d'attributs est le seigneur suprême des rites tantriques (Mahâ Vâma Ishvara) tandis que l'aspect favorable de l'être suprême qualifié est la Déesse de la volupté Kâmeshvari qui emplit les membres du dieu des plaisirs de l'existence. Shiva, lui-même au-delà de toute qualification peut, quand il est uni à la Déesse de la volupté, accomplir des actes tels que de créer l'univers. " Shiva, quand il est uni à Shakti, est capable de créer ; mais sans elle le dieu est incapable même de se mouvoir. " Sans leurs Shaktis, leurs pouvoirs, le planificateur Brahmâ,
l'omniprésent Vishnou et le destructeur Rudra (Shiva) ainsi que
leur forme réunie le dieu suprême Ishvara et, au-delà
de lui Sadâ Shiva l'aspect transcendant de Shiva, sont considérés
comme des abstractions. Les quatre premiers dieux forment les pieds
du lit de la Déesse de l'érotisme (Kâma-Ishî)
et Shiva transcendant constitue les planches de son lit. " Le piège est la force du désir, le crochet d'éléphant le savoir. L'arc et la flèche qui sont la capacité d'agir sont resplendissants. "
DESCRIPTIONS DE LA DEESSE DANS LE DEVI SUKTA
Il fait dire à la Déesse : C'est moi qui domine le Brahman, le principe de toutes choses, que
dieux et hommes vénèrent. Je deviens ce qu'il me plaît
de devenir, terrible ou majestueuse. Je deviens Brahmâ, le façonneur
du monde et les voyants (les Rishis), et le merveilleux savoir. Au moment
de la conquête des Trois Cités, c'est moi qui tire la corde
de l'arc de Rudra contre le féroce titan Brahmadvit. Pour réjouir
ceux qui jouent, je combats leurs ennemis. Je deviens la sphère
de l'espace, la plus haute forme de l'être suprême. L'éther
et tous les éléments sont la trame de l'être suprême,
comme un tissu est fait de fils. L'eau L'eau offerte pour laver les pieds (pâdya) de la mère
divine représente la perception de la triple nature divine, l'existence,
la conscience et la joie qui imprègnent toutes les formes et
les noms qui constituent l'univers en mouvement. Les ornements Les parfums Les fleurs L'encens La lampe Les nourritures Les grains de riz Les louanges Le balancement des lumières La prosternation
Tous doivent constamment demander à la Mère les choses qu'ils désirent. " Donne-moi la beauté, donne-moi le succès, donne-moi le renom, détruis mes ennemis. " " Ô Mère ! Les dieux et les titans effleurent tes pieds avec les joyaux de leurs diadèmes. " " Tu es chantée perpétuellement par Krishna avec dévotion comme une Mère, Ô Déesse. " La Grande Déesse est inconnaissable, infinie, une et multiple. Elle est tout. Le célèbre Shankarâchârya a décrit superbement le double aspect de la Déesse qualifiée et non-qualifiée. " Quand tu ouvres ou fermes tes paupières, les mondes sont détruits ou renaissent. C'est pourquoi, Ô Fille du roi des montagnes !, les saints te prient puisque les mondes naissent quand tu ouvres les yeux et sont détruits quand tu les fermes. Pour nous délivrer de la crainte garde toujours tes yeux ouverts. " " Tu es appelée le verbe, la Déesse, fille du créateur. Femme-lotus tu es la compagne de Vishnou c'est-à-dire de Hari, le consolateur. Fille des montagnes tu erres avec Shiva, c'est-à-dire Hara, le libérateur. Ton corps est le quatrième stade d'existence, l'incréé, difficile à atteindre. Ta grandeur est incommensurable. Comme la grande illusion, tu fais tourner le monde. Tu es la compagne de l'être suprême. " La dévotion envers elle est essentielle. À travers elle son fidèle tient l'être absolu en son pouvoir. Son culte est en soi un aspect de la Déesse. En dehors du fait qu'elle représente l'énergie, la piété, la connaissance transcendante, la volupté suprême, le goût merveilleux de l'ambroisie qui est la nature de l'être suprême est aussi un de ses aspects. Certains expliquent de la façon suivante les pratiques de la main gauche dont les noms commencent par la lettre M et qui sont en rapport avec le vin (Madhya), la viande (Mansa), le poisson (Matsya), le geste (Mudrâ) et la copulation (Maithuna). " Buvant le vin qui coule de la coupe de la lune dans le centre des mille pétales ; tuant avec l'épée de la connaissance les animaux démoniaques que sont la lascivité, la colère et l'erreur ; cuisant le poisson de la perfidie, de la calomnie, de l'envie, montrant les gestes de l'espoir, du désir et du mépris ; et jouissant des créatures voluptueuses qui se trouvent le long de la colonne vertébrale, un homme atteint l'équilibre. " (Sama rasya). " Celui qui le comprend passe au-delà de la souffrance. " |