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Retour du Vietnam où je viens de vivre seul 8 jours, puis 7 jours, accompagné de M.A. caractère de 82 ans qui a souhaité que nous nous retrouvions là pour découvrir ensemble la baie d'Along. Départ vers le Vietnam. Mardi après midi, vrai départ muni de tous les viatiques requis. Hanoi. Hanoi est un chef d'oeuvre de l'architecture coloniale française
qui a gardé tout son charme. Vieille ville commerçante très
active, belles avenues, fraîcheur des nombreux lacs, des arbres
dans la moindre rue, jardins publics verdoyants, accueil souriant dès
l'aéroport, gentillesse, volonté de rendre service, plaisir
de parler le Français avec des vieux mais aussi et surtout avec
des étudiants qui n'hésitent pas à interroger. Soirées
sans fin à flâner en cyclo-pousse dans les 36 rues de la
vieille ville autour du Petit Lac ( Hoan Kiem). Quand on découvre
la ville, celle que je découvre, on peut imaginer combien cela
a du être difficile pour les colons français, qui se croyaient
chez eux, de la quitter. Et pourtant pendant une longue période
Hanoi a été considérée comme la ville à
éviter par les touristes tant le harcèlement de la police
et des autorités contre tout ce qui était blanc de peau
était vifs. Vieilles hargnes passéistes qui ont disparu
avec les fonctionnaires partis en retraite remâcher leur vision
étriquée pour le plus grand bonheur d'une population enfin
libérée après avoir été soumise à
un régime policier impitoyable. Mais aussi, cinquante ans après
la guerre, par cette volonté d'ouverture des jeunes qui n'entendent
plus faire les frais d'un passé révolu. Chua Huong, la Pagode des Parfums. En attendant M A, je découvre la pagode des Parfums. Trois heures
de route pour 60 Km de distance. Il y a tellement de motos qui roulent
dans tous les sens que je me se demande comment la circulation n'est pas
totalement bloquée. Aux heures de pointe, cela tient du fleuve
qu'il faut parfois remonter à contre courant. Arrivé à
destination, changement de décor et nouveau moyen de transport.
Sapa. Trois jours en solitaire à Sapa, à 1650 m, pour découvrir après une nuit de train et trois heures de routes en réfection les montagnes, les rizières étagées et les tribus que l'on distingue par leurs habits, soit noirs, soit rouges ou même panachés. Ancienne station climatique française construite en 1922 dans une vallée superbe proche de la frontière chinoise, elle était tombée dans l'oubli à la suite des différentes guerres et pratiquement abandonnée. Il s'y mène une vie rustique et colorée qui tend à disparaître sous la pression de la télé et de l'arrivée nouvelle des touristes. Le marché du samedi est devenu le haut moment de la semaine et pour le visiteur un étonnement sans fin de couleurs. Les montagnards cultivent de moins en moins leurs champs. Ils vivent de tissages souvent bâclés qu'ils vendre aux touristes. La prostitution fait son apparition. Reste les promenades, les villages ancestraux, les cultures étagées, parcourues avec un jeune guide de langue française heureux d'échanger et d'expliquer le mode de vie et les coutumes qu'il voit se désagréger sous la pression du tourisme. Sapa est une vitrine sacrifiée pour protéger les régions alentour de l'invasion qui, pour celles-ci du moins n'est pas pour demain. L'essentiel des découvertes au Vietnam se fait encadré par les voyages organisés au travers des organismes d'état. Il ne faut pas s'en plaindre si cela permet de préserver un équilibre fragile. La baie d'Along. L'une des merveilles du monde ; Patrimoine de l'Humanité.
Les descriptions d'Yvonne Schultz
Hanoi. Quelques temples et pagodes et autres lieux. Le temple de la Littérature, érigé en 1070 par l'empereur Ly Thanh Tong a été dédié à Khong Tu (Confucius en vietnamien). Depuis cette époque, on y honore les lettrés et les grands écrivains. Ce complexe, divisé en cinq cours intérieures qui se succèdent, a été sous le nom de Collège National la première université du pays où l'on formait princes et mandarins à la pensée et à la morale de Confucius. Elle est célèbre pour ses 82 stèles encore debout (il y en avait 116 en 1778). C'est en 1484 que l'empereur Le Thanh Tong donna l'ordre de consigner sur des stèles les noms, origines et faits marquants des lauréats du concours de doctorat qui se tenait tous les trois ans à compter de 1442. Entre 1442 et 1778, date du dernier concours et du transfert de l'université à Hué, il s'est tenu 116 cessions. La pagode des Ambassadeurs -son nom provient de ce qu'au XVII° siècle, les ambassadeurs des pays bouddhiques y étaient logés dans un bâtiment adjacent, a été reconstruite en 1936 et restaurée en 1942. Une douzaine de bonzes y vivent. Elle est le siège officiel du bouddhisme de Hanoi. Les femmes âgées y viennent prier en foule pendant les fêtes du Têt. La palme revient à la pagode But Thap perdue en pleine campagne à l'est de Hanoi. Miraculeusement préservée, elle date de l'an 1037 et a été restaurée au XVII° et au XVIII°. Encore un lieu de beauté où je pourrais entrer en monastère ; aussi prenant que certaines abbayes cisterciennes. Dans la pagode principale, une statuaire de bois de laqué croque de façon hyperréaliste des moines tels qu'ils devaient être dans leur vie quotidienne : boudeurs, bons vivants, ascètes, une femme telle une vierge Marie du XVIe siècle Le lac Hoan Kiem, dit le petit lac au centre ville. Trois musées méritent une visite : le Musée d'Histoire, le Musée des beaux Arts, installés en ville dans des bâtiments coloniaux et le Musée d'Ethnographie du Vietnam, à dix kilomètres du centre. Impressions. Je suis admiratif de l'accueil qui nous est fait malgré 100 ans de colonisation et une guerre terrible. Les jeunes réapprennent le Français et le manient fort bien. J'en ai fait l'expérience au moment de la préparation des examens où le Français était langue obligatoire et les mémoires écrits dans notre langue. En primeur : j'ai un enfant vietnamien. Quan (prononcer couenne), 22
ans, il passe ses examens de maîtrise en français en mai
prochain. Il est gardien de nuit à l'hôtel Prince (à
titre de comparaison avec son salaire : le prix de la chambre est de 25
$), où nous logons. Son salaire de 60$ par mois lui permet d'assurer
son strict quotidien : 20 $ pour les droits d'inscription à l'université,
20 pour avoir une chambre, qu'il partage à trois, où travailler,
20 pour tout le reste. En fait de quoi manger et pas un liard pour un
vêtement ou un extra. Il ne connaît même pas le plaisir
de manger dans un de ces petits " restaurants " ouverts à
même le trottoir.
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