|
La première ambassade siamoise
Présentation : C'est en fait de la deuxième ambassade siamoise
qu'il faudrait parler, puisque déjà le 21 décembre
1680, le roi Phra Naraï envoie pour la première fois des ambassadeurs
siamois en France. Ils n'y arriveront jamais, leur navire, le Soleil d'Orient
fait naufrage fin 1681 ou début 1682 au large de Madagascar.
Quatre ans plus tard, sans nouvelle de ses envoyés,
le monarque nomme deux nouveaux émissaires, Khun Pichaï Walit
et Khun Pichit Maïtri et demande à Mgr Laneau, évêque
de Métellopolis, de lui désigner deux ecclésiastiques
pour accompagner en France cette délégation. Deux missionnaires
seront choisis ; M. Pascot, qui souffre du mal du pays et réclame
son rapatriement, et Benigne Vachet, qui souffre de la gravelle (la maladie
de la pierre) et profite de l'occasion pour aller se faire soigner à
Paris. Monsieur Constance organise le voyage, à bord d'un vaisseau
interlope anglais qui doit rallier Londres, d'où les ambassadeurs
iront à Paris.
Cette délégation n'a pas officiellement
le titre d'ambassade, ce qui causera quelques difficultés par la
suite. La mission est triple ; « s'informer des Siamois
partis en 1680 ; prier Messieurs les ministres de congratuler Sa
Majesté, de la part du roi de Siam, sur la naissance de M. le duc
de Bourgogne ; engager les mêmes ministres à s'appliquer
de découvrir les voies les plus courtes et les plus solides pour
lier une ferme amitié et correspondance entre les deux Couronnes ».
(et également « faire travailler à quelques ouvrages
de curiosité que le roi de Siam souhaite du royaume de France »)
|
|
INSTRUCTIONS DONNÉES
À SIAM PAR M. L'ÉVÊQUE DE MÉTELLOPOLIS À
MM. VACHET ET PASCOT, MISSIONNAIRES FRANÇAIS QUI ACCOMPAGNENT LES
ENVOYÉS DE ROI DE SIAM
1 - Durant le voyage, ils
tâcheront de se concilier l'amitié des Siamois par toutes
sortes de bons offices, et commenceront à enseigner aux jeunes
gens la langue française ; mais surtout ils leur feront lire
souvent notre cathéchisme traduit en siamois.
2 - Étant arrivés en Angleterre, ils écriront incessamment à Paris aux directeurs du Séminaire des Missions-Etrangères, et leur enverront une ample information au sujet de leur voyage. S'ils vont à Londres, ils iront saluer M. l'ambassadeur pour recevoir ses ordres. 3 -Étant arrivés à Paris, ils informeront les directeurs dudit Séminaire de toutes choses, et leur diront que le roi de Siam se remet entièrement à leur prudence pour tout, tant à l'égard de sa personne, des envoyés, comme de leur négociation. 4 - Après avoir présenté les lettres et les présents à MM. de Colbert et de Croissy, ils suivront les ordres de ces ministres. Que si les ambassadeurs du roi de Siam ne sont point arrivés en France, il serait bon de solliciter que les deux envoyés fussent présentés au roi, ce qui ne sera pas, comme je crois, difficile à obtenir ; et à leur égard il n'est pas nécessaire de faire de grandes dépenses. 5 - Pour les ouvrages que le roi de Siam a ordonné de faire faire en France, les envoyés diront à nos Messieurs que l'année passée M. d'Héliopolis étant arrivé ici, présenta au roi des ouvrages qui lui plurent beaucoup ; ensuite de quoi le roi de Siam témoigna tant de bonté à Monseigneur, que ce prélat lui fit offre de lui faire venir de France tout ce qu'il pourrait souhaiter. Or, comme dans ce pays-ci, les compliments tiennent lieu de promesses, c'est sur cela que ce prince a pris dessein de faire faire des ouvrages d'émail et autres, suivant les mémoires dont les envoyés sont porteurs ; les plus difficiles à mon avis sont des glaces, dont il veut faire comme une tapisserie à une chambre. 6 - Quant à la machine que l'on demande pour voir les éclipses, il serait à propos qu'on y pût voir celle du soleil suivant la longitude et la latitude de Siam, ou du moins avoir quelque règle assurée pour les découvrir. Cette machine n'est pas universelle ; il faut la faire construire suivant l'élévation de Siam, et il est d'autant plus important qu'elle soit facile à déchiffrer, que ce sera une grande conviction contre la religion des Siamois, sur une chimère du ciel et de la terre. Pour les jeunes gens que le roi envoie en France pour y apprendre des métiers, il faut tâcher de les mettre chez des gens qui aient la crainte de Dieu, et les empêchent de fréquenter les mauvaises compagnies. On leur apprendra à être fontainiers, architectes, orfèvres, etc. Surtout, ils feront connaître à la Cour les obligations que nous avons au roi de Siam pour les grands services qu'il rend à nos missions. Il nous a fait bâtir un séminaire ; on travaille actuellement par son ordre à une grande église ; il a procuré à M. d'Héliopolis le passage à la Chine, avec ordre de lui fournir tout ce qui lui serait nécessaire, et l'a adressé aux agents qu'il a dans cet empire. Il a donné le gouvernement d'une province considérable à un français catholique. Enfin, ils ne sauraient assez exprimer la haute idée que ce prince a conçue du roi, surtout depuis qu'il a su ses conquêtes sur les Hollandais qui sont si puissants dans les Indes ; et ce fut dans ce temps-là qu'il prit le dessein de lui envoyer les ambassadeurs qui partirent d'ici le 21 décembre 1680. Ayant appris la naissance de Monseigneur le duc de Bourgogne, il en a témoigné une joie toute particulière, et demande à Dieu que la maison royale de France florisse en toutes sortes de prospérités. (archives des Missions-Etrangères - volume 878 - page 575) |
|
Je suis las de leurs bizarreries
« Notre troupe consistait en deux
mandarins, six jeunes gens du pays pour apprendre des métiers de
France, Monsieur Pascot et moi », note Bénigne
Vachet dans ses mémoires. Plus tard, il parlera de seulement quatre
jeunes gens, c'est également le chiffre évoqué par
Mgr Laneau. Le voyage se déroule aussi bien qu'il est possible
à l'époque, M. Pascot est laissé dans l'île
de Wight, avec charge pour lui de regagner Londres le plus vite possible
pour y annoncer l'arrivée de l'ambassade. Après quelques
difficultés diplomatiques et administratives, la délégation
débarque enfin à Calais à la mi-octobre 1684.
Avant le départ, Bénigne Vachet avait été nommé par Phra Naraï « Premier envoyé », c'est-à-dire chef de la délégation. En arrivant en France, il apprend que les supérieurs des Missions-Étrangères souhaitent qu'il abandonne ce titre au profit du plus âgé des mandarins siamois. Une première couleuvre à avaler pour le missionnaire qui va en connaître bien d'autres Il est évident que le comportement des deux envoyés siamois ne correspond pas à ce qu'il en attendait. Mauvaise volonté, indolence, muflerie même, le missionnaire aura plus d'une fois l'occasion de se plaindre de « ses » Siamois ; « Oh ! que ces gens sont propres à faire le métier de fainéant ! ». L'incompréhension mutuelle, la méconnaissance des coutumes, la curiosité et les plaisanteries bien françaises que provoquent les Siamois, les entorses au protocole qui passent pour autant d'affronts aux yeux des envoyés, tout concourt à accumuler les mésententes et les motifs de fâcherie. Pendant les quatre mois et demi que les ambassadeurs siamois passent en France, Bénigne Vachet s'ingénie à persuader le roi, par l'intermédiaire de ses ministres, de l'importance qu'il y aurait pour l'Etat de dépêcher à son tour une ambassade vers le Siam. Il rédige même un mémoire dans lequel il examine notamment « les avantages qu'on peut tirer de l'amitié du roi de Siam, tant pour la religion que pour le commerce. » On en trouvera le texte ci après : |
|
MÉMOIRE POUR
ÊTRE PRESENTÉ A MM. LES MINISTRES D'ÉTAT DE FRANCE
SUR TOUTES LES CHOSES QUI REGARDENT LES ENVOYÉS DU ROI DE SIAM,
PAR
Il faut examiner d'abord
les raisons qui ont pu obliger le roi de Siam à envoyer des ambassadeurs
au roi, et les avantages qu'on peut tirer de l'amitié de ce prince,
tant pour le bien de la religion, la gloire du roi, que pour l'avancement
du commerce.
La ville de Siam est la ville du monde où l'on voit le plus de différentes nations ; il y a plus de cinquante ans que les Hollandais y ont bâti une belle faiturie pour leur commerce ; les Portugais, obligés d'abandonner plusieurs des terres qu'ils avaient dans les Indes, y ont fait une colonie ; les Anglais n'omettent rien pour s'y bien établir ; la Compagnie de France y a un comptoir. Il y a des Italiens, des Espagnols, des Danois, des Suédois, des Allemands, des Turcs, des Persans, etc. Les évêques français, Vicaires apostoliques, par une providence particulière de Dieu, en ont fait l'entrepôt de toutes leurs missions, et s'y sont appliqués à répandre la bonne odeur de Jésus-Christ par la prédication de l'Evangile, se rendant utiles au public et aux particuliers par des hôpitaux d'hommes, qu'ils entretiennent à leurs frais ; par l'établissement de collèges, où l'on reçoit gratis tous les enfants en qui l'on remarque quelques bonnes dispositions ; et enfin, par l'envoi de plusieurs missionnaires dans les provinces de ce royaume, pour y exercer les mêmes charités. L'abord de tant de nations différentes a rendu le roi de Siam fort curieux des pays étrangers, et afin de les reconnaître quelque peu, il interrogea fort les évêques quand ils arrivèrent dans son royaume, et les obligea à lui donner le caractère des autres nations. Il y a beaucoup d'apparence qu'il fit la même chose à l'égard des Français, et l'on peut croire que les Hollandais lui firent un portrait du roi, conforme à ce qu'ils crurent être de leurs intérêts. Ils voyaient que la nouvelle Compagnie française était capable de ruiner tout leur commerce des Indes, et pour l'empêcher, ils crurent qu'il fallait faire peur au roi de Siam, du roi de France : ils le dépeignirent comme un prince très puissant et très ambitieux, qui seul tenait tête à toute l'Europe et ne faisait la paix ou la guerre que suivant ses volontés. Ces discours firent un effet tout contraire à leur intention ; le roi de Siam eut envie de faire amitié et alliance avec un si grand prince, et depuis ce temps-là, c'est assez d'être Français pour avoir part à ses bonnes grâces. C'est ce qui l'obligea, au mois de décembre 1680, à faire partir la plus solennelle ambassade qui soit jamais sortie de son royaume, pour venir de 5400 lieues rechercher l'amitié du roi. On peut pourtant considérer qu'il y a un peu d'intérêt mêlé, et qu'il espère qu'étant ami et allié du roi, il pourra traiter avec plus de hauteur les autres nations de l'Europe, et surtout les Hollandais qui souvent lui font des insultes, parce qu'ils sont les maîtres de toutes ces mers. Cette conjecture est fondée sur ce qui arriva à Siam il y a quelques années. Les Hollandais, n'étant pas contents des privilèges qu'ils avaient dans le royaume, et ne pouvant venir à bout de les faire augmenter par amitié, se retirèrent la nuit sur leurs vaisseaux, abandonnèrent leurs maisons et toutes leurs marchandises, et s'en allèrent. Ils équipèrent des vaisseaux de guerre et vinrent croiser à l'embouchure de la rivière de Siam, de sorte qu'il n'y pouvait entrer aucun vaisseau sans être pris ou coulé à fond. Le roi de Siam fut obligé de faire la paix et de leur accorder tout ce qu'ils demandaient. Il y a apparence qu'il n'a pas oublié ce traitement, et qu'il espère qu'en faisant alliance avec le roi de France, il n'aura plus rien à craindre de semblable, et en cela il ne se trompe pas, puisque nous avons l'expérience qu'au seul nom du roi, tout tremble jusqu'aux extrémités de l'univers. J'oubliais de dire, que quand le roi de Siam apprit les grandes conquêtes que le roi de France avait faites sur les Hollandais en moins d'un mois, il augmenta d'estime pour lui, et se détermina à lui envoyer des ambassadeurs. Il est si persuadé que le roi répondra à toutes les avances de sa grande amitié, qu'il a déjà fait bâtir une maison à la française pour l'ambassadeur de France, et qu'il a fait faire de la vaisselle d'argent pour le traiter magnifiquement. Il s'attend aussi que plusieurs Français viendront s'établir dans ses Etats, et il prétend se servir d'eux pour le gouvernement de ses places, pour l'administration du commerce, et pour la garde de sa personne. Il parle si hautement, devant toutes les nations, de l'amitié et de l'extrême considération qu'il a pour le roi de France, qu'après le siège de Saint-Thomé, le roi de Golconde lui envoya un ambassadeur, comme à un ami commun, afin de le prier de s'entremettre pour son accommodement avec la France ; et l'ambassadeur avait ordre de voir sur cela les évêques français et de leur demander de s'y employer. Voyons présentement les avantages qu'on peut tirer de l'amitié du roi de Siam, tant pour la religion que pour le commerce. Il semble que tout s'achemine à la conversion de ce prince. Il s'est fait instruire, plusieurs soirs, de la grandeur de notre sainte religion ; il a supprimé, depuis quelques annnées, la plupart des superstitions païennes, comme celle de couper les eaux et de leur commander de se retirer ; on ne craint plus qu'il se fasse mahométan. La reine d'Achem lui avait envoyé des ambassadeurs pour l'engager à son exemple d'embrasser l'Alcoran ; mais bien loin d'écouter ses propositions, il se défie des mahométans, et leur a ôté le gouvernement de toutes ses places. Son favori est présentement un grec, nommé M. Constance, qui était calviniste, et depuis peu s'est fait catholique ; il s'est marié par l'ordre et du consentement du roi. Ce ministre établit sa fortune sur la ruine des mahométans, qu'il a convaincus de concussion, et à qui il a fait rendre de grandes sommes d'argent. De plus, le roi de Siam, en toutes occasions, favorise les missionnaires français : il leur a fait bâtir, à ses dépens, une très belle église, auprès de leur séminaire ; et comme il est presque toujours à Louvo, sa maison de plaisir, il y fait aussi bâtir une église, et y veut toujours avoir des missionnaires auprès de lui. Il a donné des ordres très précis, pour que l'on fournît aux missionnaires de Ténassérim tout ce qui leur est nécessaire pour le bâtiment de leur église. Enfin, dans la dernière audience qu'il a donnée au sieur Vachet, en présence de toute sa cour, il lui dit en termes fort clairs, qu'à son retour il voulait exécuter un dessein dont il ne s'était expliqué à personne, et qui donnerait bien de la joie à beaucoup. On a lieu d'espérer qu'en l'état où sont les choses, le roi enverra un ambassadeur au roi de Siam pour lui accorder son amitié et son alliance, et qu'il lui proposera d'embrasser la religion chrétienne, comme le véritable moyen d'être unis en ce monde et en l'autre ; on a, dis-je, lieu d'espérer que ce prince pourrait se faire chrétien, et tout son peuple suivrait son exemple, et peut-être les rois voisins. On laisse à juger quelle gloire ce serait pour le roi de France, et quel mérite, devant Dieu, d'avoir tenté une si grande affaire, quand même elle ne réussirait pas. Cette ambassade serait un puissant appui aux Français contre celle que le roi de Portugal a ordonnée à son vice-roi dans les Indes de dépêcher à Siam, au Tonkin, et à la Cochinchine. On avait appris cette nouvelle à Siam, où l'on savait qu'un des ambassadeurs portugais devait arriver au mois de mars de l'année 1684 ; elle a été confirmée au sieur Vachet en Angleterre. Quant au commerce qu'on peut faire à Siam, les marchandises du pays sont : l'étain, le plomb, le fer, la poudre, le salpêtre ; le bois de safran qui sert aux teintures ; le sucre non raffiné ; le cuivre, la cire ; le chevaa, qui est une espèce de gomme dont se fait le vernis ; la cire d'Espagne brute, les nids d'oiseaux et les ailes d'oiseaux (ces deux dernières sortes sont recherchées par les Chinois et les Japonais ; la gomme-gutte, l'encens, le poivre, l'arec, l'huile de coco, le cuir, le coton. Tous les ans, les navires qui reviennent du Japon y apportent du cuivre en caisse ; le roi le prend tout, et le revend aux étrangers avec un gain notable. Il y a de plus des soies bien travaillées, du thé, de la porcelaine plus grossière que celle de la Chine, des ouvrages d'or et d'argent, et autres curiosités. Il est facile de faire sa charge à Siam pour le Japon, et c'est l'unique endroit des Indes, où les draps de France se débitent bien. Les navires qui y viennent de la Chine apportent des soies brutes et travaillées, de pièces de brocart de toutes manières, du crépon, des porcelaines, du thé, etc. Du Tonkin il y vient de la soie, du musc,
des ouvrages de vernis doré. On pourrait demander au roi de Siam de donner le cuivre à la compagnie française, au même prix qu'il s'achète au Japon, en payant les frais du voyage qui ne sont pas si considérables que quand ils se font sur nos vaisseaux, parce que la paye des officiers et matelots siamois est fort médiocre. On pourrait encore lui demander que sur ses propres navires les Français pussent faire le commerce du Japon et de la Chine, ce qui faciliterait aux missionnaires l'entrée dans ce grand royaume. Voilà à peu près les avantages que le roi de France peut retirer de l'amitié du roi de Siam, tant pour la religion que pour le commerce. On peut avoir quelque idée des choses de France qui lui seraient les plus agréables, par les commissions qu'il a données à ses envoyés ; il les a chargés de plusieurs pièces d'or pour les faire émailler ; il veut avoir avoir une grande salle de miroirs, et a donné la grandeur des tapis de la Savonnerie qu'il veut avoir ; il souhaite des ouvrages de cristal, quelques pièces de brocart, suivant le modèle qu'il en a donné, et des armes à la française. Il est bon de remarquer, que lorsque le roi de Siam voulut envoyer deux mandarins en France, il ordonna à son barcalon ou premier ministre de choisir des personnes irréprochables, et qui n'eussent jamais reçu de châtiment ; et comme M. Constance, son favori, avait envie de faire parler de lui en Angleterre, où il a été élevé, il pria le roi de lui accorder deux de ses gens, pour avoir soin de quelques ouvrages qu'il voulait faire faire en Angleterre. Le roi le voulut bien, à condition que ces deux hommes seraient pris parmi ceux qui sont notés pour avoir reçu quelques châtiments, et qu'ils ne s'adresseraient qu'à un marchand particulier de Londres. M. Constance n'a pas laissé d'écrire au roi d'Angleterre et de lui envoyer quelques présents en son propre nom ; en tout ce qu'il peut, il favorise les Anglais dans le royaume de Siam, et a déjà fait donner le gouvernement de Ténassérim à un Anglais. (archives des Missions-Etrangères - volume
856 - page 29) |
|
Bénigne Vachet parvient à ses fins, puisque
le 3 mars 1685 l'ambassade de prestige du chevalier de Chaumont quitte
Brest et ramène les deux ambassadeurs siamois dans leur pays. Le
missionnaire est lui aussi du voyage, faisant bonne figure malgré
la présence des Jésuites qu'il déteste. Lors de l'arrivée
de l'Oiseau à la barre de Siam, il descend le premier à
terre avec le chevalier de Forbin pour annoncer la venue de l'ambassade.
Il revient en France en 1686 avec les nouveaux ambassadeurs siamois, toutefois
il y est évincé par le père Tachard de toutes les
négociations politiques.
Pour accéder aux mémoire de Bénigne
Vachet, cliquez ci-dessous
|