VIEILLIR
La belle affaire
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" Nous vieillissons, certes,
et autour de cette avancée vers la sagesse - c'est ce qu'on dit
pour ne pas parler d'abandon - s'accumulent les laideurs de l'âge.
"
Je ne suis pas d'accord et ce n'est pas pour des raisons de méthode
Coué.
1 : on vieillit et cela ne s'arrange pas au regard de nos 20 ans, du temps
où nous étions jeunes et beaux
et cons à la
fois ;
2 : nous sommes de plus en plus entourés de gens qui ont des bobos.
C'est logique. Ils en parlent beaucoup. Certains n'ont plus que cela à
dire. D'autres en sont malheureusement réduits à l'état
de souffrance qui leur coupe tout horizon ;
3 : les plus jeunes, ne nous laissent pas de répit. Un comble,
après nous avoir assassinés pour exister, et ça fait
mal, ils nous assaillent de ce que nous savons être des folies qu'ils
vont devoir payer cher et que nous payeront tout autant.
Je pourrais rajouter 4, 5, 6
À quoi bon ?
Nous avons un devoir essentiel, un seul, qui prime tous les autres : nous
ou soi.
Le reste est superflu qu'on l'accepte ou qu'on ne l'accepte pas pour des
raisons multiples et variées.
Longtemps, j'ai proféré avec une ironie amère "
il ne faut pas prendre la vie trop au sérieux, on n'en sort pas
vivant ". Je revendique toujours la formule qui n'est pas de moi.
Mais, sans plus aucune ironie. Avec une forme de sagesse souriante que
m'apprend la route que je chemine et les êtres divers que j'y rencontre.
La vie, que je mène, a ceci de merveilleux. Elle se renouvelle
sans cesse dans l'inattendu à la condition de la laisser aller
comme elle doit aller, de la laisser s'écouler comme s'écoule
un fleuve. Les fleuves sortent parfois de leur lit. Mais, sauf rare exception,
ils y retournent sans se préoccuper de ce qui n'est pas l'essentiel.
Et l'essentiel, c'est le lit du fleuve plutôt que ses débordements.
C'était le temps de l'Ecclésiaste. Celui de chaque chose.
Celui de la sagesse active et non résignée. Celui du grand
éclat de rire que vous savez aussi pratiquer parfois sans avoir
l'air d'y toucher. 03-2002
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