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TOLÉRANCE
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Je ne vais pas vous surprendre.
Ici pas plus qu'ailleurs les religions cohabitent de façon paisible.
À Bénarès, les hindous ont parqué les musulmans,
le tiers de la population, au centre de la ville dans une sorte de ghetto
facile à fermer à la première tension. Dominant,
cela leur paraît naturel.
En Thaïlande pays présenté comme celui de la tolérance,
on découvre avec stupéfaction que le sud, musulman à
90 %, est traité par Bangkok comme une terre d'exclusion. On y
envoie les fonctionnaires les plus minables et les plus corrompus. Partir
dans le sud est considéré comme une sanction. Les Bouddhistes
y ont peur et s'attendent, à tout moment, à une explosion
sans même se rendre compte que tout est mis en place pour cela.
Les 20 écoles parties en fumée à Pattani sont l'expression
soft des drames à venir. Dans le nord, les musulmans ultra minoritaires
filent doux.
Un autre exemple : la jeune femme qui me fait la cuisine vient du nord
de l'I san, pays pauvre par excellence et méprisé lui aussi
par Bangkok. Sa propre réaction à l'égard d'un homme
du sud de l'I san à qui je fais répéter l'anglais
qu'il a appris à Ceylan est : ce n'est qu'un Khemen (khmer) !!!
La tolérance est sans doute un mot vide qui donne bonne conscience.
Février 2004
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