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Cela vous intéresse-t-il que je vous donne mes premières
impressions du retour sur "mes" terres lointaines ?
Un peu plus de 24 heures de déplacement et 14 heures la première
nuit pour commencer à m'en remettre.
Puis la "remise en place des choses". Accueil royal par Too
(cuisinier et homme de ménage) et sa future jeune femme, Beurte,
dans une maison impeccable (on sent l'arrivée d'une femme) et avec
dès le premier soir un festin de poissons.
Puis la prise de contact avec la réalité. Mon Thaï
est plus que balbutiant mais l'accueil à ce point enthousiaste
méritait une explication en profondeur. Petit à petit par
les dires des uns et par les recoupements des autres j'ai fini par découvrir
que j'étais, ici, un revenant. Oui !!!
La rumeur publique -mais je ne sais pas laquelle - m'avait rendu malade
(est-ce mon blocage du dos en août ?), puis j'étais dans
le coma (les journaux sur la chaleur en Europe ?), puis j'étais
mort ! Rien que ça.
Il faut dire à décharge que pour la moyenne d'âge
du pays, à 59 neufs ans à peine sonnés pourtant,
je suis statistiquement mort depuis trois ans. Alors, les proches se sont
réjouis lorsque j'ai précisé au téléphone
la date de mon retour. Kung, le chauffeur (pour le moment virtuel encore
pour une semaine) que j'ai mis plusieurs jours à retrouver avait,
puisqu'il faut bien vivre, repris son emploi dans la fabrique de conditionnement
des sèches. Je laisse imaginer sa réaction quand j'ai fini
par l'atteindre. Son anglais, plus vacillant que mon Thaï, était
impeccable pour me dire sa joie et d'arriver dare-dare le jour même.
Plus troublant, j'ai dû remonter tout une filière -le téléphone
thaï fonctionne aussi bien que le téléphone arabe-
pour localiser la moto qui avait disparu corps et bien ... pour la retrouver
à 100 Km entre les mains d'un ancien voisin Italien et avocat de
son état qui avait déménagé et qui avait dû
penser que, compte tenu de la rumeur, il était préférable
de se servir plutôt que de risquer voir les Thaï le faire eux-mêmes.
Ce que naturellement aucun Thaï ne s'est permis de faire, alors qu'il
y avait de quoi. Le même Italien avait l'intention de vendre le
bateau (barquasse de pêcheur repeinte en jaune et blanc), mais Too
était allé le cacher au milieu des bateaux des autres pécheurs
de la baie. Le plus extraordinaire, c'est que l'Italien en question est
venu rapporter la moto, la bouche en coeur, comme si de rien n'était.
Comme je suis devenu philosophe, je lui accorde que ma mauvaise compréhension
du thaï m'a fait ignorer des nuances. Le doute bénéficie
à l'accusé.
À part cela, j'ai repris petit à petit le rythme de l' "
égoïste " dans son premier étage d'ivoire face
à la mer. Je goûte avec un peu de peine pour le moment à
la chaleur humide -et quelle humidité en cette période de
pluie intensive. Il n'y a plus de saison dit-on ici, mais c'était
la même chose l'an dernier et de plus sous la pluie battante un
bout du toit s'était envolé et avait transformé la
maison en piscine. Mais j'apprécie de retrouver la cuisine de poisson
mitonnée à mes goûts (ce qui veut dire sans chili)
et je me laisse béatement masser (massage thaï, un peu brutal
en attendant le massage à l'huile et aux herbes) par Kung (donc
aussi masseur) qui démontre par la pratique la qualité des
stages qu'il a suivi en juillet à ma demande au Ministère
de la Santé à Bangkok. Il a aussi suivi de sa propre initiative
le massage des pieds et partira en novembre apprendre l'art du massage
à l'huile tellement plus doux que le massage traditionnel thaï.
C'est naturellement un vrai luxe que d'avoir un chauffeur-masseur. Mais
qui oserait dire que ce n'est pas une bonne idée après les
randonnées sur des routes difficiles de se faire remettre le dos
en place. Une bonne raison : cette année sera en partie consacrée
à découvrir, en voiture (on vient de me trouver un petit
4x4 Isuzu que je devrais avoir la semaine prochaine), les temples khmers
difficiles d'accès situés dans le sud de l'I san et à
la frontière du Cambodge. Quelques incursions en Malaisie ne seraient
pas de trop non plus puisqu'il est possible sans une montagne de paperasserie
de traverser la frontière. Je laisse le temps au temps pour le
Laos et le Cambodge. Peut-être un jour futur le Vietnam.
Enfin, je me suis remis au Thaï, pas mécontent de constater
que le séjour français ne m'a pas trop fait oublier ce que
j'ai appris avec tant de peine. Tout est donc pour le mieux dans le meilleur
des mondes possibles. Possible seulement car il pleuvine, après
les gros orages d'hier et le tonnerre de la nuit. Une partie de mon temps
reste consacré à l'étude du Bouddhisme Theravada
et je me réjouis d'avance de lire certains des livres que j'ai
importé.
Voila pour les nouvelles de début d'année thaïlandaise.
Octobre 2003
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