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si vous saviez à quel point, relisant ce matin votre mail juste après le départ de MA, 82 ans, je compatis à votre première phrase.
La relire me permet de prendre conscience que le véritable luxe que je vis, hautement gagné, c'est d'être "abstrait" de votre quotidien engluant (c'est le moins que je puisse dire). M.A., qui a par ailleurs de grandes qualités de curiosité à l'égard du monde, vient de me faire subir un vrai supplice pendant huit jours.
Supplice des paroles inutiles, celui de toujours tout ramené à un instant de sa vie, jalousie à l'égard de mon entourage éberlué d'une telle agressivité, ressentie comme une forme de mépris. Bref, cette façon bien de chez nous qui estime avoir des droits sur qui l'on décide. Cette terrible façon d'imposer un MOI dans un monde où le moi n'a pas de sens ou si peu. Là où l'écoute et l'attention naturelle des natifs transcendent une forme d'égotisme.
A vous seule je peux dire : OUF, elle est partie. Il est rien moins que certain que je ne serai pas disponible à la prochaine demande. Je n'ai plus l'âge d'être phagocyté et je crois avoir assez payé en tout genre pour exiger que l'on ne m'envahisse pas d'inutile et en quelque sorte de blessant.
Je comprends mieux ce matin tout le sens profond de ce que je vis, libéré en grande partie de ce MOI (pas tout à fait, ma réaction en est la preuve) encombrant qui coupe du monde, agresse, envahit, étouffe, etc., etc., etc.
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