MÉDITATION
 

 

Lorsque je parle de méditation, je n'accepte le mot que dans le sens de participation au monde.

Le mot méditation pris dans son sens général me dérange. Il contient le fait de se retirer du monde pour atteindre un univers abstrait qui tend vers le parfait, exclut tout ce qui est tension et tente d'atteindre une sorte de paradis égoïste. Je ne rejette pas dans ma démarche l'égoïsme.

Plus j'avance et plus je constate avoir besoin de comprendre les mécanismes qui font de l'Occidental un individu coupé du monde ou du moins projeté dans un monde rationalisé qui n'a pas grand-chose à voir avec la réalité par définition anarchique. La réalité est tout sauf ce que l'on veut.

En Asie dont fait partie l'Inde, j'entre petit à petit dans le monde tel qu'il est et non tel que j'ai toujours voulu qu'il soit. Ce monde dont je pensais que la volonté pouvait le transformer, alors que c'est le contraire qui se passe. Rien n'est prévisible. La seule grandeur est d'en prendre conscience. De prendre ce qui vient tel cela vient puisque c'est la réalité profonde. Je ne sais pas si cette pensée est hindoue ou bouddhiste ou … ; cela n'a aucune importance. Seule la démarche compte, sans souci du résultat.