FIEL
 


Vous me connaissez trop pour vous poser des questions restées sans réponse.

J'ai bronzé mon cœur, il fut un temps, pour qu'il ne se brise pas. Mais il reste plein de douceur pour ceux qui souffrent. Si aux détours d'une phrase vous sentez le fiel, c'est une saine révolte profondément humaine devant la vulgarité du coeur de tant de touristes consommateurs comme le chaland dans un zoo. C'est cela qui me rend capable de rages indomptables. Comment un Occidental qui se croit la quintessence du monde peut-il être à ce point un aveugle imbécile préoccupé de son seul ego, baissant avec indifférence les yeux sur les sous-humains qu'il rencontre sur les terres qu'il vient consommer?
Le cuir encore sanglant se régénère dans une vie non pas inventée mais simplement vécue et acceptée avec pour choix, afin que le coeur bronzé ne se brise malgré tout, la tendresse. Cette tendresse qui me semble être le dernier levier possible dans ce monde égoïste. En ce sens peut être, suis-je devenu un extra terrestre humain.
La vie seule décide, c'est sans doute primordial de le comprendre non pas intellectuellement mais physiquement. A.

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pour vous remercier de votre réponse bien émouvante. La capacité de compassion s'émousse au fil du temps et, parfois, je me surprends à être, soudain, plus indifférente au malaise d'autrui : la mauvaise fatigue, sans doute, que l'on ressent quand on a compris que quoi qu'on fasse, c'est bien "le désert qui finit par gagner". Et pourtant, si l'on ne garde intacte cette faculté de comprendre et de souffrir avec....que vaut la vie?
Sur ces fortes paroles, je dois m'empresser de dire que bien souvent, j'ai envie de faire couic ! à tous ces gens qui m'énervent hautement, qui racontent toujours les mêmes fadaises et vivent selon un shema répétitif que rien ne peut venir ébranler.
Donc, je ne pèche toujours pas par excès d'indulgence. E.