FARLANG

 

 

En Asie , loin des grandes villes, rien ne relie naturellement avec l'Occident. Si ce n'est la lente progression des Farlang - [Farlang = Français = tous les Étrangers] - hors des concessions qu'ils se sont fabriquées de toute pièce. Cette race particulière fréquente les sites mondialement connus de Kuta à Bali, Pattaya, Phuket en Thaïlande … Certains de ces Farlang, de type routard audacieux, rayonne de plus en plus loin dans le pays profond. Pour la drogue, c'est connu depuis longtemps. Mais pour le cul, c'est nouveau.

Ces Farlang-là font tache dans l'Asie profonde. Ils sont méprisés et détestés et font tort à toute le race blanche. Comme les Asiatiques, je frémis lorsque j'aperçois ce type d'individu du second âge sur le déclin, la calvitie prononcée, le visage avachi, bedonnant telle une panse à bière, véritable Peter Pan d'infantilisme -redondance qui défoule - , composé pour la plus grande part de frustrés du sexe qui sont là pour se pourvoir en " viande " plus ou moins fraîche, peu onéreuse, rêver au grand amour et engouffrer des litres de bière entre deux coups. Les filles ou les garçon que ces gens-là " se " payent les étrilles jusqu'à la corde, se laissent toucher sans les voir, leur affirment qu'ils sont les plus beaux, les mieux montés, les plus performants … et vaquent à leurs occupations dont la principale est d'extraire de ces imbéciles frustrés et naïfs le maximum possible de dollars . Juste redistribution.
Rebutante nature humaine à voir à défaut de l'observer. Image de la belle, - quand ce ne sont pas les belles -, et de la vieille bête en rut.

(pour se faire une idée : " Bonjour ma Grande Chérie ! ", Lettres d'Amour aux filles des bars de Bangkok et interviews révélatrices de Dave Walker et Richard S. Ehrlich, Dragon Dance Publications, Isbn 974-8434-47-8 pbk).

De telles expériences laissent perplexe.

Titre : Accueil imprévu.
Sujet : deux vieux de 60 et 68 ans, français sortis trop peu souvent de l'Hexagone, à la recherche d'un guide pour s'épargner l'effort de s'introduire seuls dans une Thaïlande profonde.

C'est à n'y pas croire même pour le moins critique des humains. Ces gens là, Monsieur, -comme le dit si fabuleusement Brel -, ça ne voit rien et ça n'a pas envie de découvrir ; ça ne lit pas avant pour se faire une idée et de toute façon pas pendant ; ça ne parle que le français, pas même trois mots d'anglais, de là à tenter le parler local… ; ça ne fait pas rien qui relève du cerveau, tout juste du cervelet ; ça parade comme un coq pour en imposer à sa basse-cour ; ça bouffe beaucoup parce que ce n'est pas cher. Occupation unique et primordiale, ça se précipite tous les soirs dans les bars-karaoké-bordels - car il en existe ici comme partout ailleurs réservés aux locaux qui sont grands consommateurs d'alcool et de filles lorsqu'ils ont encore des réactions - ; ça râle que ces antres sordides n'ouvrent que vers cinq heures l'après-midi, mais çà pense pas que les dames ont aussi besoin de repos. Elles chantent et s'activent toute la nuit. En plus ces gens-là, Monsieur, c'est naïfs ; ça s'étonne, contrarié, que le matériel - pas assez jeune et svelte pour l'un, pas assez amoureux pour l'autre -, promette beaucoup et offre peu. Tout sourire avant ; pressé pendant. Où sont les rêves d'antan. Comme si la fréquentation de nos professionnelles -et c'est sans doute là le noeud : les filles jeunes n'ont pas de temps à perdre et/ ou elles sont chères - en France ne leur avaient pas permis de s'en rendre compte. Presque furieux de découvrir que, sous toutes les latitudes, l'avant est plus prometteur que le pendant. Évidence, la fille ici est comme celle de là-bas : elle attend que ça se passe pour toucher sa récompense.

Bref, ces deux ça là, - modèles plutôt haut de gamme -, sont partis au bout de 17 jours (17 ! ! !) vers une île pour touristique dans le Sud. Sans doute pour poursuivre leurs découvertes et constater que les demoiselles fournies aux Farlang sont identiques et plus chers.

Bon vent ; retour pour moi vers un monde plus poétique. J'en reste tout ahuri. Vivre le regard que les Thaïs portent sur nous, les étrangers, en le portant sur des gens de ma race. Je vois à présent pour l'avoir vécu le mépris irrité mais discret sous les sourires que nous adressent les gens du cru. Les autochtones ne font pas la différence entre les Farlang. Et ce regard décodé, donne froid dans la dos. Il est meurtrier.

Je découvre ému ce que je dois à ma propriétaire dans ma relation au pays. Elle dit si souvent aux Thaïs qui lui posent les éternelles questions sur l'Étranger : " il passe son temps à lire, il travaille toute la journée sur mon ordinateur. Il est devant son ordinateur, comme moi devant ma télé ". Merci à Rapipaan de faire la différence.