ÉCRITURE
 

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Il nous faut tant de temps pour cicatriser les blessures de l'être que certains s'enfoncent dans cette blessure pour ne plus être que blessure, alors que la vie est là et que seul ce "là" compte. Tout le reste est passé et le passé n'est plus. Il m'aura fallu bien du temps aussi pour le comprendre. Une autre a fait de son malheur une profession de foi qui est devenue son épine dorsale et son présent se vit au passé. L'enfermement !
Cela pour répondre à votre question : pérenniser sur la " toile " la trame d'un instant de vie.
Au début cela passionne, puis, intéresse les amis. Enfin, plus de retour de son. Mais cela reste sur le Net, et peut un jour intéresser quelqu'un . Tel est le constat. Ce qui intéresse, finit par devenir banal au lecteur. Un jour il décroche ; ce n'est pas sa vie. Il finit par ne plus "entendre" (au sens de : ils ne s'entendent pas) la vie hors normes d'un autre. Quelques uns me lisent au plein sens du terme et répondent. Quelques autres lisent sans jamais, ou presque, réagir, puis un jour me disent le rayon de soleil que cela représente pour eux. Quelques uns,très rares, donnent une réponse courtoise. La plupart, que j'ai rayé des envois, y accordent autant d'attention qu'à un Spam (publicité insupportable que l'on trouve dans sa boîte aux lettres mail). Là n'est pas l'essentiel.
Écrire, veut dire écrire à/pour quelqu'un. Sans l'autre, il n'y aurait pas d'écriture. Je ne vous apprends rien sur le sujet. C'est toujours pour la même franco-roumaine que je me raconte et que je livre le résultat.
En très bref on pourrait dire : l'individu ne s'intéresse qu'à lui à long terme. C'est une question de survie. Ce constat ne m'afflige pas, il me rassure.
Qu'est ce qui peut à présent retenir mon attention dans la vie ordinaire d'un cadre occidental qui se résume à courir, je ne sais plus vers quoi ?. J'ai ri, il y a quelques jours, en recevant un mail me donnant, tout sec, une nouvelle adresse professionnelle. Comme disait en son temps Édith Cresson : " je n'en ai rien à cirer ".