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Méditation
Lorsque j'utilise le mot méditation, je ne l'accepte que dans
le sens de participation au monde.
Le mot méditation compris dans le sens qu'on lui donne général
me dérange. Il contient l'appel à se retirer du monde pour
atteindre un univers abstrait qui tend au parfait. Il exclut ce qui est
tension. Plus j'avance, plus je constate la nécessité de
comprendre les mécanismes qui font de l'Occidental un individu
coupé du monde ou du moins projeté dans un monde rationalisé
qui n'a pas grand-chose de commun avec la réalité par définition
anarchique. La réalité est tout sauf ce que l'on veut.
En Asie dont fait partie l'Inde, j'entre dans le monde tel qu'il est et
non tel que j'ai toujours voulu qu'il soit. Je pensais que la volonté
pouvait le transformer, alors que c'est le contraire qui se passe. Rien
n'est prévisible. La seule grandeur est d'en prendre conscience.
De prendre ce qui vient tel qu'il vient puisque c'est la réalité
profonde. Je ne sais pas si cette pensée est hindoue ou bouddhiste
ou
; cela n'a aucune importance. Seule compte la démarche,
sans souci du résultat.
Communication
Quant au mot communication, ce n'est pas celui qui n'est que bruit. L'impact
de la parole ou de l'écrit est toujours négatif pour qui
l'est. La parole et l'écrit sont faits pour ceux qui peuvent entendre
et lire. Seul un juste peut faire avancer le monde ou l'empêcher
de disparaître. Ce n'est pas ridicule, ni désespérant,
c'est une réalité dite depuis des siècles. Ces rares
justes sont la réalité du monde. Tout le reste n'est que
bruit et fureur sans importance au regard de l'éternité
qui poursuit son chemin.
Je ne me retranche pas pour ne pas entendre ce bruit. Je me retire pour
tenter de saisir ce qui fait l'éternité dans cet océan
de fureur de la race dite humaine. Ce n'est pas de l'optimisme, c'est
un sens profond de la réalité enfouie du monde. Que sont
ces chefs d'États qui jappent pour se rassurer de leurs peurs ancestrales.
Ils peuvent anéantir ; et alors ! Le roquet ne hurle que parce
qu'il a peur et s'enfuit à la première attaque. C'est ainsi
depuis la partition de l'Inde. Que ne feraient ces chefs pour être
réélus, entasser pouvoir et argent. Les Indiens et les Pakistanais
de la rue regardent cela avec un détachement qui en dit long sur
ce qu'ils pensent de leurs dirigeants. Une bombe peut exploser, ils n'ont
rien (plus rien) à perdre. Ils leur ont tout pris en ne leur laissant
que de quoi survivre. Sans atteindre leur sens profond de la poésie
humaine.
Toutes ces craintes de l'Occident au sujet du temple d'Ayoddia, on n'en
parlait pas autour de moi. Lorsque j'interrogeais, on me répondait
-je transcris- que c'était une forme de monstre du Loch Ness qui
réapparaît chaque fois que les dirigeants en ont besoin.
Alors que les chefs s'amusent, pendant ce temps ils ne feront pas pire.
Sagesse orientale ; l'intérieur est plus important que l'extérieur.
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