Quelques points de la " culture " de l'Isan

 

L'habit phare : traditionnellement les hommes d'Isan portent un léger et long " foulard " de coton appelé " pakama ", noué autour de la poitrine ou de la tête ou en écharpe. Ce long tissu (environ 90 sur 240 cm) est à tout usage ; il peut servir de ceinture, de coiffe, de pagne, de sac à bagage ou même de hamac. L'influence occidentale fait petit à petit disparaître le " pakama ".

L'activité principale : 85% de la population vit de la production du riz. Les 15 % restant se partagent le commerce, le fonctionnariat ou émigrent de façon saisonnière comme manoeuvres vers Bangkok ou les grands stations touristiques. Une grande partie des travailleurs du sexe vient de l'Isan.

Le revenu : Beaucoup de familles d'Isan dépendent sur le plan financier de leurs enfants ou de leurs proches qu'ils envoient à Bangkok … Il est courant qu'elles soient percluses de dettes et qu'elles tentent de s'en sortir par la culture du hachisch.

La tradition familiale : Il est usuel qu'un couple jeune marié vive avec la famille de la jeune femme en attendant de pouvoir se construire une maison en bois ou en dur. C'est à la plus jeune des filles de prendre en charge ses parents vieillissants, en contre partie, elle hérite de leur maison. La relation mère-enfants est privilégiée, plus spécialement mère-fils. Le gouvernement encourage le contrôle des naissances et offre la possibilité d'une stérilisation gratuite après le deuxième enfant. À titre indicatif, la Thaïlande est passée entre 1960 et 2002 de 30 millions à 62 millions d'habitants, malgré un taux de mortalité infantile de 29,5 pour 1000. 50 % de la population à moins de 20 ans.

L'autorité : Le gouvernement a mis en place un nouveau système de représentation de l'autorité. Le chef traditionnel appointé à vie est à présent remplacé tout les 5 ans par une élection villageoise.

Les relations de voisinage : L'évolution économique et sociale tend à faire disparaître le système d'entre-aide entre voisins. Cet échange de service est remplacé par l'ouvrier agricole payé à la journée ou à la tâche.

L'éducation : Comme dans le reste du pays, tous les enfants sont censés aller à l'école pendant 9 années consécutives. L'anglais est obligatoire, mais les résultats pratiques sont médiocres. Un enfant n'est pas capable de se débrouiller dans la langue malgré 6 ou 7 ans d'apprentissage.

La vie sociale : La population d'Isan est très sociable, elle vit en communauté autour de son temple. Vivre en solitaire est mal compris. Ce peuple est naturellement gentil.

L'art : L'Isan a sa propre culture. Sa musique traditionnelle " mao lom " se joue sur des flûtes en bambou appelées
" kaen ".

Les conséquences de la pauvreté : La population parce qu'elle est pauvre (30 à 40% sans travail), pousse ses enfants à se débrouiller seuls ; les familles attendent que chaque enfant envoie de l'argent à la maison. Ceux-ci vont principalement à Bangkok et dans les stations touristiques. Ils tombent très vites eux-mêmes dans les dettes dépensant au jour le jour plus qu'ils ne gagnent. S'ajoutent les problèmes de la drogue, du jeu (maladie nationale), de l'alcool. Les familles n'ignorent pas ou même poussent leurs enfants bien faits vers le travail du sexe (le mot prostitution est occidental et recouvre un regard de jugement négatif ; or la question ne se pose pas de la même façon dans l'esprit des thaïs.) dans l'espoir d'un meilleur revenu.

La pratique religieuse : Le Bouddhisme est arrivé en Isan dès l'époque Tchen-La (IV-VI° siècle), peut-être même avant. C'est la religion dominante (95% de la population se dit bouddhiste Theravada). La principale cérémonie de la vie d'un homme est son entrée au temple pour une durée de trois mois à deux ans. Ce passage quasi obligatoire permet à l'enfant de gagner des " mérites " pour ses parents et leur assurer une vie meilleure lors de leur prochaine réincarnation. Il permet aussi de payer symboliquement son dû à la société et à la famille. Le jeune ne peut en principe pas se marier avant d'avoir souscrit à cette tradition.
Il ne faut pas confondre tradition et connaissance de la religion. Il ressort en réalité que la population suit une tradition sans en connaître et en comprendre le sens. La religion -car c'en est une- se résume souvent à connaître les 5 préceptes (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas boire d'alcool, ne pas commettre l'adultère) sans pour autant les respecter. Une grande exception cependant : le vol, comme dans le reste du pays, est pratiquement inexistant. L'occidentalisation, qui entraîne avec elle la perte de cette notion par le besoin de consommer et donc de trouver l'argent nécessaire, est ressentie comme un drame.
Dans les faits le Bouddhisme Theravada est la " devanture " qui recouvre un mélange d'animisme, de brahmanisme et de bouddhisme. La croyance aux esprits, qui se logent dans les arbres, le sol, les sources …, impose que des offrandes leur soient faites pour qu'ils n'importunent pas les humains ou leur portent malheur. Le temple " piliers " de chaque ville ou village, les petites pagodes devant les maisons, les arbres ceints de rubans de couleurs, les offrandes de fleurs ou de fruits sont l'expression de ce culte ancien et toujours très présent malgré des siècles de bouddhisme. Mais ceci n'est pas caractéristique de l'Isan ; c'est un point commun à toute l'Asie pour ne parler que de l'Asie.