HISTOIRE DU
LAOS
- 1. Période
préhistorique
2. Période
protohistorique
3. L'origine du peuple lao et ses
légendes
3-1. Légende de Koun
Bourom
3-2. Autre version de
la légende de Koun
Bourom
3-3. Si satta
nak
3-4. Khoun Bourom,
légende ou stratégie
politique
3-5. Origine des
lao
3-6. Nos pays voisins
et leurs légendes
4. Unité
du pays: Lane Xang
5. Instabilité
et attaque vietnamienne
6. L'apogée
de Lane Xang
7. Territoire
âprement disputé, éclatement du royaume
8. Pays
divisé et expansion siamoise
9. Protectorat
français
10. Pays
réunifié
11. Indépendance
du Laos
12. Développement
du mouvement Pathetlao (Lao Issara)
13. Coalision
et Instabilité
14. La
guerre fraticide
15. L'exode
16.
Evénements
politiques marquants (datés) de la période coloniale jusqu'à 1975
17.
Album
Documents et Images Archives
18. Chronologie
en bref
19. D'autres documents sur l'histoire de
Lane Xang et du peuple
lao
19-1. Documents
préhistoiriques
19-2. Les sources de
l'histoire de Lane Xang
19-3.
Fa Ngoum,
son Origine et Unité du Royaume de Lane
Xang
19-4. Fa Ngoum et la
reconquête des terres
natales
19-5. Fa Ngoum,
Unification et Expansion
territoriale
19-6. Fa Ngoum et la
structuration du Royaume
19. Les
drapeaux du Laos
1. Période
préhistorique:
- La présence des premiers habitants du pays remonte à
plus de 10000 ans. Le résultat des fouilles archéologiques dans la région de
LuangPrabang et Houaphan constitue une preuve formelle de l'existence de vie à
l'époque. Effectivement, lors de ces fouilles, on a découvert des outils, des
ustensiles et bien d'autres objets. De nombreux vestiges, dont les plus connus
sont les fameuses jarres de la plaine de XiengKhouang, rebaptisée Plaine des Jarres, témoignent des
civilisations qui ont occupé le territoire de l'actuel Laos au temps de la
préhistoire. Cette période, jusqu'aux 3ème et 4ème siècles après J.C, est très
peu connu.
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2. Période
protohistorique:
- Dès la fin de la période préhistorique, des relations
maritimes s'établissent entre l'Inde et la péninsule indochinoise. Le Laos,
placé sous l'influence directe du royaume Khmer, subit la marque de la
civilisation hindoue, que l'on trouve encore aujourd'hui. On ne connaît pas
l'origine exacte de la population de cette époque. Cependant, on sait qu'elle
parlait une langue mône-khmère et elle bénéficia de l'influence civilisatrice
du royaume Môn de Dvaravati. Le site de Vat-Phou à Champasak, près de
Champasak, est né de cette civilisation.
- Entre 10ème et 13ème siècles, commence véritablement
l'histoire du Laos. A cette époque se place la descente des populations Thaïs,
cousins des Thaïs du Siam, venant de la Chine du Sud et s'installent au Laos,
dans les plaines et dans la vallée du Mékong. Les villages, les villes et les
petites principautés se forment un peu partout.
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4. Unité du pays
, Lane Xang:
- De 1340 à 1350, le prince Fa Ngoum, élevé à la cour du
royaume Khmer et marié à la princesse khmère Nang kèo KingKanya, entreprend la
conquête de toutes les petites principautés disséminés le long du Mékong. Il
unifie le pays. Proclamé roi en 1553, il fonde le Lane Xang, royaume du
"million d'éléphants", à Xieng Thong (Luang Prabang). C'est le premier état
lao unifié. Il apporte également le bouddhisme (Petit Véhicule) ainsi que le
statut du bouddha d'or Prabang , offert par son beau
père, qui donne son nom à la cité royale.
Ce monaque conquérant n'eut de cesse d'agrandir
son royaume et, sous son règne, ses armées assurèrent le contrôle de Khammoune
et des villes de Vang Vieng, Savannakhet, Sépone et Lao Bao. Il laissa en
place les chefs locaux qui, devenus gouverneurs, contonuèrent à diriger leurs
fiefs dans un esprit d'indépendance qui les incitait sans cesse à secouer le
joug du pouvoir de Fa Ngoum.
-
- En 1356, Fa Ngoum s'empara de Vientiane et de sa
province. Pour autant Xieng Thong demeura la capitale du pays. Le bouddhisme
theravada devint la religion officielle. .
- Mais le roi FaNgoum fut déposé et exilé en 1373 et
remplacé par son fils Sam Sène Thaï qui accéda au trône à tout juste dix-huit
ans. Un recensement effectué en 1376 dénombre 300000 ( Sam Sène ) habitants de
race Thaï-lao, d'où le nom "Sam Sène Thai" qui veut dire 300000 Thaïs. Le
royaume de Lan Xang est prospère. Mais après la mort de Sam Sène Thaï, il y a
une série de révolutions de palais et d'interventions étrangères. La richesse
du royaume attire les états voisins.
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5.
Instabilité et attaque vietnamienne:
- A sa mort, en 1416, Sam sène thai laissa un royaume
relativement organisé et uni, mais sa disparition entraîna une longue période
d'instabilité. C'est ainsi que sous le règne de Chao Tiakaphat le pays passa
sous domination vietnamienne, suite à une mauvaise farce.
- En effet, le prince de Chienglau, le plus âgé des fils
de Chao Tiakaphat, se procura un jour un éléphant sacré, espèce suffisamment
rare et adulée pour qu'une telle possession attire la jalousie. L'empereur du
Vietnam, apprenant l'extraordinaire nouvelle, demanda que lui soient expédiés
les cheveux de l'animal. Mais le prince, détestant les vietnamiens, plutôt que
de se plier à cette demande, fit porter à l'empereur une boîte contenant les
excréments de l'éléphant. Ce à quoi celui-ci répondit en levant une
gigantesque armée. Les troupes du prince s'élevait à 200000 soldats (soit les
deux tiers de la population du royaume) et 2000 éléphants.
Plus nombreuse,
l'armée vietnamienne vainquit et la ville de Luang Prabang fut envahie et mise
à sac.
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6. Apogée
de Lane Xang:
- Cependant, peu de temps après, les vietnamiens furent
chassés par le fils de Tiakaphat, Souvana Banlang, mais la paix ne fut
véritablement restaurée que sous le roi Visounnarat, celui- là même qui fit
construire le Wat Vixoun de Luang Prabang. Ainsi, au milieu du XVII ème
siècle, le Lane Xang s'étendait au sud jusqu'aux frontières actuelles du
Cambodge, à l'est jusqu'à la chaîne annamitique et à l'ouest jusqu'aux limites
encore variables des royaumes de Xieng May et d'Ayuttaya.
Entre 1520 et 1548, sous le règne de Phothisarath,
Vientiane est devenu la capitale. Le Lane Xang connaît, avec l'annexion du
trône de Xieng May (Nord de la Thailande), sa plus grande expansion
territoriale. L'extension géographique du royaume rendait néanmoins de plus en
plus difficile un contrôle direct depuis la capitale. Sur le plateau de
Tran-ninh, la principauté de Xieng Khouang s'affermissait, à chaval sur la
chaîne annamitique et, par la suite, elle allait tout aussi souvent dépendre
du Vietnam que du Lane Xang
Xieng Thong (Luang Prabang), la capitale,
n'était toujours pas à l'abri des invasions et après les vietnamiens, ce
furent les armées birmanes qui attaquèrent la ville. Aussi, afin d'être plus
au centre du royaume et maintenir, du même coup, une meilleure liaison avec
son allié siamois du royaume d'Ayuttaya, également menacé par les Birmans, le
roi Setthathirath transporta en 1563 la capitale de Xieng Thong à Vientiane
(où son père, le roi Pothissarath avait déjà commencé à résider). Il y apporta
le fameux Bouddha d'émeraude - le Phra Kèo, cadeau des notables de Chiangmay,
dont il était l'ancien seigneur, et le déposa dans une magnifique pagode (le
Wat Ho Phra Kèo).
Entre 1548 et 1571, le roi Setthathirath fait
construire un palais dont le temple reçoit le célèbre bouddha d'émeraude. Le
stupa, That Louang Vientiane, est également construit sous son règne. C'est
alors l'apogée du royaume de Lan Xang.
-
- Pendant sa mission dans la province d'Attapeu pour
lutter contre les Khas, Setthathirath disparut dans des conditions
mystérieuses, sans laisser d'héritier direct. Cette disparition plongea le
pays dans une grave crise et, profitant de cette période de faiblesse, les
armées birmanes envahirent le Lane Xang, le gardant sous contrôle pendant
plusieurs années. Le Lan Xang connaît des périodes d'instabilité et même
parfois de l'anarchie totale puisque cinq rois se succèdent entre 1627 et
1637.
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7.
Territoire âprement disputé, éclatement du royaume:
- Il faut attendre l'avènement du roi souligna Vongsa,
en 1637, pour que le Lane Xang soit rétabli dans son unité et retrouve la
prospérité. Les limites du royaume furent alors fixées d'une manière
définitive à la suite d'accords passés avec les princes voisins. Souligna
Vongsa était en bons termes avec le Vietnam puisqu'il s'était marié avec la
soeur de l'empereur Le Thanh Ton et, ensemble, ils avaient convenu d'un tracé
délimitant leur territoire respectif.
Cette frontière consistait dans l'accord suivant :
les populations vivant dans des maisons sur pilotis et avec véranda seraient
considérées comme sujets du Lane Xang, celles habitant dans des maisons sans
pilotis ni véranda seraient alors vietnamiennes.
En 1641, encore au début
du règne de celui que l'on considère un peu comme le roi Soleil laotien, le
marchand néerlandais Gerrit van Wuysthoff allait être le premier européen à
visiter le Lane Xang, bientôt suivi par des missions jésuites. Mais, à part
une poignée d'aventuriers, le royaume du Lane Xang allait rester pendant
encore de nombreuses années à l'écart de la zone d'influence européenne.
Soulignavongsa réussit à rétablir la paix durant 57 ans.
A sa mort en
1694, Souligna Vongsa ne laissait pas d'héritier et il n'en fallait pas
davantage pour que la succession du roi défunt entraine de violents
affrontements parmi les prétendants au trône et marque ainsi la fin de l'unité
laotienne. En 1700, le Lane Xang éclata finalement en trois royaumes :
- -Vientiane, gouverné par le neveu de Souligna Vongsa;
- -Luang Prabang, dirigé par l'un de ses petits-fils
- -Le nouveau royaume de Champassak, au sud.
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8. Pays divisé et
expansion siamoise
- Les Etats voisins, qui guettaient l'héritage du Lane
Xang, ne tardèrent pas à comprendre l'avantage qu'ils pouvaient tirer d'une
scission qui, d'abord provisoire, devait vite s'avérer définitive. En 1753,
les Birmans du roi Alompra prennent et pillent Luang Prabang puis se retirent.
Quelques années plus tard, redoutant une nouvelle attaque, l'ancienne capitale
du Lane Xang sollicite la protection des Siamois.
En Octobre 1778,
Vientiane est prise par les troupes siamoises du futur roi Rama 1er, et les
deux bouddhas sacrés du pays, Prabang et Prakèo, sont emmenés à Bangkok. Le
second ne sera jamais rendu et restera à Bangkok jusqu'à ce jour, considérant
qu'il s'agissait d'un bien siamois car issu de Chiangmay. L'administration de
Vientiane est alors placée sous le contrôle de Bangkok.
Quant au
royaume de Champassak, n'ayant jamais cherché sa soumission à l'égard du Siam,
c'est l'ensemble de l'ancien Lane Xang qui se voit ravalé au rang de vassal de
l'Etat siamois. De ce jour, Bangkok intronisera les rois laotiens et intégrera
leurs troupes dans ses armées. En 1805, le roi Chao Anou est placé sur le
trône de Vientiane. Celui-ci n'entretient pas de bonnes relations avec les
Siamois et ne rêve que de redonner au Laos son lustre d'antan.
Aussi décide-t-il à la mort du roi siamois Rama
II, d'organiser une rébellion. Il lève une armée et marche sur Bangkok, en
demandant le soutien des vietnamiens. Malheureusement, à Khorat, dans le
nord-est de la Thailande, ses efforts sont stoppés et son armée mise en
déroute. La tragédie ne tarde pas à s'ajouter à l'honneur perdu de la défaite
militaire.
Vientiane est mise à sac et plus de six mille familles sont
exilées sur la rive droite du Mékong, en territoire siamois. Quant au roi Chao
Anou, vaincu, il fuit vers Annam (Vietnam). Il est capturé et transféré à
Bangkok où il mourra en captivité. Vientiane est ensuite saccagée, les
monastères sont brûlés et la population est déportée vers la Thailande.
Vientiane est sous contrôle du Siam ( Thailande ) ainsi que
Luangprabang.
Cependant, avant de disparaître, Chao Anou jeta une
malédiction contre la Thailande, en affirmant que le prochain roi de ce pays
qui oserait mettre à nouveau les pieds sur le sol laotien, trouverait la mort
peu de temps après. De ce jour, plus aucun monarque ne s'est avisé de
traverser le Mékong pour fouler la terre laotienne et, en 1970, à la suite de
la signature d'un important contrat hydroélectrique et la mise en place du
barrage de la Nam Ngum, le roi de Thailande (Phoumiphon Adoulyadeth) qui était
officiellement invité aux festivités, décida d'organiser celles-ci sur un
radeau au milieu du fleuve.
Le demi-siècle qui suivit marqua la
désintégration définitive du royaume lao. La province désertée de Vientiane
restait sous influence thailandaise, tandis que Luang Prabang devenait un
véritable Etat vassal du royaume de Siam. Au même moment, le royaume de Xieng
Khouang était envahi par les Chinois, au grand damne de ses anciens seigneurs
vietnamiens qui voyaient disparaître leur principale réserve d'esclaves.
Craignant l'élan expansionniste des Chinois, les Thailandais expédièrent un
important corps d'armée dans la région de Luang Prabang. Le défunt Lane Xang,
ainsi morcelé, devint un mets de choix pour des Etats voisins toujours en
quête de nouveaux territoires. Mais le partage ne s'effectuant pas dans des
conditions pacifique, le nord du Laos devint également une zone dangereuse,
souvent théâtre de pillages et de batailles.
-
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9.
Protectorat français:
- La France, établie depuis 1860 en Cochinchine,
commençait à cette époque, à s'intéresser à la vallée du Mékong. En 1861, un
explorateur français, Henri Mouhot, était arrivé à Luang Prabang, où il avait
été officiellement reçu. Après l'établissement du protectorat sur le Cambodge,
en 1863, l'expédition Doudart de Lagrée avait également remonté le Mékong
jusqu'à proximité de Luang Prabang. La présence française s'insinuait de plus
en plus dans cette partie de l'Asie.
Les Anglais ayant, pour leur
part, pris possession de la Birmanie et de la péninsule malaise, le Siam ne
pouvait que se montrer inquiet quant à sa politique d'hégémonie dans la
région. Il le fut d'autant plus lorsqu'il appris l'installation définitive des
Français au Tonkin (1882-1883) et la mise sous protectorat du royaume de Hué.
De nombreux différends au sujet de leurs frontières communes ayant opposé le
Siam et le Vietnam, au cours des dernières années, les Siamois prirent
rapidement conscience de la situation délicate dans laquelle ils se
trouvaient, notamment lorsque le royaume de Hué demanda à la France de
sauvegarder les droits du Vietnam au Laos.
Une note émanant des
autorités françaises fut ainsi envoyée à Bangkok et, en mai 1886, le Siam,
sous la pression, dut admettre l'installation à Luang Prabang, d'un
vice-consulat français, chargé en particulier de défendre les droits que la
France venait d'hériter du Vietnam. Le poste fut confié à Auguste Pavie mais
celui-ci arriva sur place au moment qu'avaient choisi les rebelles chinois,
baptisés Pavillons noirs, pour s'emparer de la ville. Ralliant leurs énergies,
le groupe de Pavie et les troupes du roi du Luang Prabang, Oun Kham,
parvinrent à faire reculer les bandits chinois. Tiraillé de tous côtés par la
Chine, le Siam et la France, le roi Oun Kham, pour sauver son royaume, choisit
ce qui lui apparut certainement comme un moindre mal en demandant à la France
son protectorat.
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10. Pays
réunifié:
- La pression française s'accroissant sur le Siam,
celle-ci tenta tant bien que mal de préserver les territoires qu'elle avait
acquis sur la rive gauche du Mékong, suite à des batailles menées contre les
troupes vietnamiennes. Mais la France, garante des intérêts vietnamiens (le
colonialisme naissant n'avait alors aucun problème de conscience) en
territoire laotien ne voulut rien entendre. Elle exigea la restitution de
l'ensemble de ses territoires et dut même faire preuve de sa puissance navale
devant Bangkok pour que le Siam, acculé, accepte de céder le Laos.
Un
protectorat français sur l'ensemble du Laos voyait ainsi le jour, le 3 octobre
1893. D'autres accords suivirent avec la Chine et la Birmanie pour déterminer
le tracé des frontières. La France prenait alors les pleins pouvoirs sur
l'Indochine pendant cinquante ans. En 1893, le Laos ne représentait pas une
entité politique. Seul le royaume de Luang Prabang conservait encore, bien que
profondément affaibli, l'apparence d'un Etat.
Les royaumes de
Vientiane, de Xieng Khouang et de Champassak avaient disparu, mais leur
territoire respectif était désormais libéré des tutelles siamoises et
vietnamiennes. Des gouvernements, sans liaison entre eux, continuaient à y
exercer une certaine autorité. Le gouvernement français, par manque de
connaissance, les considérait alors comme de simples provinces,
perpétuellement contestées entre le Siam et le Vietnam, et sur lesquelles la
France se devait dorénavant de faire régner la paix, l'ordre et la loi.
En 1941, un traité franco-laotien intègre au
royaume de Luangprabang des provinces du Nord et de l'ancien état de
Vientiane. Le reste du pays, divisé en huit provinces, reste administré, comme
une colonie, par la France.
-
- Au début du siècle, seule une petite centaine de
civils français étaient déjà allés au Laos et l'attitude de l'administration
coloniale à l'égard du Laos était un brin négligente. L'un des premiers
désagréments que connut le peuple laotien fut l'arrivée de fonctionnaires
vietnamiens (l'ennemi héréditaire) pour s'occuper du service public. Le roi
fut autorisé à résider à Luang Prabang mais ses pouvoirs étaient plutôt
symboliques qu'effectifs. Dans la torpeur coloniale ambiante, une petite
communauté avait accès à l'enseignement français et parmi celle-ci, une élite
francophone n'allait pas tarder à se former et dans les années 40, alliant les
actes au discours, commencera à rallumer la flamme du nationalisme laotien..
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11.
Indépendance du Laos:
- En 1941, tandis qu'en Europe la Deuxième Guerre
mondiale fait rage, le Japon, allié de l'Allemagne, envahit le Laos avec
l'accord des autorités françaises de Vichy. En 1945, à la fin du conflit, les
Laotiens, débarrassés des Japonais et ayant vu la manière dont les Français
avaient été déchus de leur pouvoir sur l'ensemble du pays, prirent réellement
conscience de leur droit à réclamer l'indépendance.
-
- Peu de temps auparavant d'ailleurs, le roi Sisavang
Vong, partisan des Français, avait été forcé par les Japonais, de déclarer
l'indépendance du Laos. Ce simulacre n'ayant pas convaincu les nationalistes
laotiens, le Premier ministre et vice-roi, Phetsarat, créa le mouvement Lao
Issara (Laos libre), sachant pertinemment qu'après le départ des Japonais, les
Français tenteraient de se réapproprier le Laos.
Le 11 septembre 1945,
Phetsarat déclarait l'indépendance du Laos mais, comme il était prévisible, la
France refusa de reconnaître le nouvel Etat et fit tout ce qui était en son
pouvoir pour diligenter le mouvement nationaliste. Elle parvint à ses fins
puisque l'armée Issara fut écrasée à Vientiane, en 1946, par des troupes
françaises et laotiennes, quelques jours seulement après que le roi Sisavang
Vong, s'étant finalement rangé du côté Issara, devienne pour la première fois,
le roi d'un Laos unifié. Si Sisavang Vong put finalement rester au pouvoir,
les dirigeants nationalistes d'Issara durent se réfugier à Bangkok où ils
recommencèrent à s'organiser, aidés cette fois, par les communistes vietminhs
de Hanoi. Pourtant, en 1946, la France, se relevant péniblement de la guerre
et commençant à sentir des tensions au Vietnam, accepta l'idée d'autonomie du
Laos. Elle convia le parti Issara aux négociations mais celui-ci, au lieu de
faire corps, se scinda en trois factions distinctes.
- La première,
dirigée par le leader historique du mouvement, Phetsarat, se refusait à toutes
discussions avec la France et exigeait l'indépendance immédiate du Laos.
- Plus modérée, la seconde, sous la direction du prince Souvanna
Phouma, demi-frère de Phetsarat, comprenait l'obligation de négociations avec
la France et semblait prête à accepter quelques compromis.
- La
troisième faction, quant à elle, était sous le commandement d'un autre
demi-frère de Phetsarat, le prince Souphanouvong, qui décida de s'unir avec
les dirigeants vietminhs, formant ainsi la branche armée du mouvement.
Finalement, après l'autodissolution du Lao Issara en exil à Bangkok,
la France octroya au Laos, en 1949, le statut d'Etat associé indépendant avec
la réunification complète sous la couronne du roi de Luangprabang Sri Savang
Vong et le drapeau à l'éléphant tricéphale.
Le pays faisait toujours
partie de l'Union française mais il put enfin devenir membre des
Nations-Unies, ce qui signifiait que pour la première fois de son histoire, le
Laos était considéré comme un véritable Etat aux yeux de l'Occident. Cette
reconnaissance internationale et l'annonce de l'arrivée d'une mission
économique américaine pour calculer les besoins réels du pays, en grisant,
dans un premier temps, les milieux politiques laotiens, leur permirent
également de percevoir que l'hégémonie de la France s'effritait pour laisser
davantage de place aux Etats-Unis..
-
- En 1953, le traité franco-laotien accorde la plaine
souveraineté au Laos.
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12.
Développement du mouvement Pathetlao:
- Pendant ce temps, celui que l'on allait bientôt
baptiser du pseudonyme de prince Rouge, le prince Souphanouvong, créait au
Vietnam le Pathet Lao (13 août 1950) qui se voulait le porte parole de toutes
les couches sociales, tous les groupes ethniques et toutes les régions,
occupées aussi bien que libérées. La création de ce gouvernement provisoire de
résistance fut accompagnée d'un manifeste en douze points dans lequel étaient
affirmées l'indépendance totale du Laos et la formation, pour sceller l'unité
du pays et la paix, d'un gouvernement de coalition. "Front Uni, Gouvernement
de coalition, on retrouvait les formules de base de la Nouvelle Démocratie de
Mao Tsé-toung".
En 1950, Souphanouvong parvint à installer son
quartier général dans la province de Samneua. Le Pathet Lao n'était plus
seulement un parti en exil, il devenait une menace pour la France et le
gouvernement lao en place. Le régime colonial français, de plus en plus
exténué, et perdant sa mainmise sur les provinces du nord, concéda davantage
d'indépendance au gouvernement royaliste laotien. Aussi, pour se retirer
honorablement, signa-t-elle un traité d'amitié et d'entraide, permettant même
au Laos d'acquérir le statut de protectorat français. Au lieu de s'installer à
Vientiane, le roi lui préféra Luang Prabang mais, comme il était à craindre
après le départ des troupes françaises, l'ancienne capitale royale devint le
théâtre d'attaques régulières du Vietminh et du Pathet Lao. Aussi, pour
respecter les termes du traité de protection récemment signé, la France se
décida, un peu tard, semble-t-il, à prendre les mesures nécessaires pour
lutter contre l'avancée des troupes communistes qui, à l'époque, contrôlaient
la zone stratégique reliant Luang Prabang à Dien Bien Phu.
Sans réelle surprise, les soldats français
subirent un cuisant échec militaire qui laissait présager le sort de la future
bataille de Dien Bien Phu. Avec les accords de Genève, en juillet 1954, suite
à la nouvelle défaite française au Vietnam, le gouvernement d'Hô Chi Minh prit
le contrôle de tous les territoires au nord du 171 parallèle, voisin du
Vietnam. Ces accords garantissaient la liberté et la neutralité du Laos mais,
avec l'avancée et la pression constante des communistes, les Etats-Unis
décidèrent d'agir.
Puisque la France devait se retirer, ils allaient
assumer la relève contre le communisme et s'assurer une présence en Asie du
Sud-Est. Après avoir copieusement arrosé de billets verts la vie économique
locale, Washington décida de mettre sur pied et de rémunérer une armée
royaliste, forte d'environ 50 000 soldats pour se battre dans le nord du pays.
A cela allait bientôt s'ajouter une importante assistance militaire, la
création de troupes clandestines et la percée de la CIA dans la vie politique
laotienne. C'est ainsi qu'en 1960, un important stock d'armes fut distribué à
un général de l'armée royaliste, appelé Vang Pao, qui allait, par la suite,
devenir le chef charismatique des troupes Hmongs à Xieng Khouang.
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13.
Coalition et instabilité:
- De 1951 à 1954, le gouvernement royal, dirigé par le
modéré Souvanna Phouma, était à la tête d'un pays déchiré. L'aide économique
américaine perturbait sérieusement la fragile économie laotienne. La
spéculation allait bon train et aucun développement industriel ne s'était
amorcé.
En 1957, le gouvernement royal laotien fut amené à composer un
gouvernement de coalition avec le FPL (Front populaire laotien), organe
national émanant du PPL, premier Parti communiste laotien. Celui-ci était
dirigé par Souphanouvong. A ses côtés se trouvait déjà Kaysone Phomvihane,
ainsi que Nouhak Phounsavanh personnages clés de PPL.
Suite à de
nouvelles élections, en mai 1958, le FPL remporta 9 des 21 sièges dans le
nouveau gouvernement d'union nationale. Souphanouvong et l'un de ses proches
furent donc conviés à prendre part à un cabinet de coalition, tandis que
plusieurs autres membres fondateurs du Pathet Lao étaient élus députés à
l'Assemblée nationale. Mais l'entente n'allait guère durer.
En
juillet, Souvanna Phouma présenta à l'Assemblée un projet de réforme
monétaire, qui allait inévitablement léser de nombreux intérêts. Ce projet fut
vivement combattu et lorsqu'il fut finalement refusé, Souvanna Phouma n'eut
d'autre recours que la démission. Il fut remplacé par Phoui Sannanikone dont
le gouvernement faisait une part importante au CDIN (Comité de défense des
intérêts nationaux), dont l'état-major réunissait une élite instruite, grande
bénéficiaire de l'aide américaine.
A peine installé, Phoui Sannanikone
mena une politique d'éradication du FPL. S'il n'était évidemment plus question
d'un gouvernement de coalition, les deux principaux dirigeants du FPL,
Souphanouvong et Phoumi Vongvichit, furent même astreints à résidence à
Vientiane tandis que plusieurs sympathisants du FPL étaient tout simplement
mutés ou révoqués. Les rapports avec les dirigeants du Sud-Vietnam,
profondément anticommunistes, s'intensifièrent et un accroissement de l'aide
économique et militaire des Etats-Unis fut sollicité.
Les Etats-Unis
n'étaient pas dupes que les sommes allouées au gouvernement laotien étaient en
partie détournées à des fins personnelles. Le gouvernement Sannanikone se
discrédita peu de temps après auprès de l'opinion internationale en faisant
croire à une offensive dans le nord des forces du Pathet Lao, appuyées par
Hanoi et en emprisonnant Souphanouvong. Un rapport d'enquête de l'ONU prouva
qu'il n'en était rien.
Les événements confus qui suivirent illustrent
bien l'état d'instabilité et les différences d'opinions qui régnaient au sein
du gouvernement laotien. En décembre 1959, un coup d'Etat militaire éclata
bientôt relayé par un gouvernement … majorité CDIN, soutenu par l'armée.
Les données étaient ainsi claires : les partisans d'une politique
modérée et conciliatrice entre les différents partis laotiens étaient priés de
se taire, dorénavant la priorité revenait à la lutte anticommuniste et à
l'éviction pure et simple du Pathet Lao. Une reprise de la guerre civile
s'avérait donc inévitable.
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14. La
guerre fraticide:
- En mai 1960, Souphanouvong, ainsi que quinze
co-détenus, parvint à s'évader du camp où il avait été interné. Il se réfugia
au nord, en zone dissidente et son prestige grandit d'autant plus que son
mouvement canalisait toujours davantage les opposants à la présence américaine
et au régime aristocratique en place. Pourtant, le 9 août 1960, la réaction
allait venir d'ailleurs. Profitant de l'absence du gouvernement royal à
Vientiane, un capitaine de parachutistes du nom de Kong Lê, s'empara avec ses
troupes du pouvoir et, après avoir démis de ses fonctions l'ancien
gouvernement de Somsanith, réclama une politique de neutralité absolue et le
retour de son exil au Cambodge de Souvanna Phouma. Celui-ci fut donc rappelé
par le roi, envers lequel Kong Lê n'avait jamais caché son attachement.
-
- Le Laos se transforma , jusqu'en 1975, en un théâtre
de combats fraticides entre les trois fractions: - communistes du Pathet Lao
dirigés par le prince Souphanouvong - neutralistes dirigés par le prince
Souvannaphouma et nationalistes.
- En 1973, les négociations conduisent à la signature
d'un cessez-le-feu. Le gouvernement provisoire d'union nationale est
formé.
- En 1975, la monarchie est abolie. Le 2 décembre, le
Laos est proclamé République Démocratique Populaire Lao.
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15. L'exode:
- Le 2 décembre 1975, le Laos est devenu République
démocratique populaire Lao, le parti révolutionnaire lao (PRPL) fut proclamé
parti unique. Les hauts fonctionnaires et les intellectuels de Vientiane ont
été envoyés dans les camps de rééducation connus sous le nom de "Samana".
Environ 300000 laotiens, soit 10% da la pupulation de l'époque, ont fui le
pays. Le mouvement ne s'arrêtera que vers l'année 1994 lorsque le pays
commence à s'ouvrir à l'économie plus libre.
19. Les drapeaux
:
-
Drapeau de l'ancien royaume du Laos (avant 2/12/1975)

L'ancien drapeau du Laos, un
éléphant tricéphal, animal symbolique pour le pays. En 1694, Mort du roi
Sourigna Vongsa qui ne laisse pas d'héritiers. le royaume est alors en proie à
de nombreuses scissions et il se divise en trois royaumes rivaux:
-Le
royaume de Vientiane, vassal de l'Annam
-Le royaume de Luangprabang
-Le royaume de Champasak, vassal de Cambodge.
En septembre 1945, les
japonais capitulent et c'est la fin de la deuxième guerre mondiale. Les trois
royaumes du Laos sont réunifiés sous l'autorité du roi Srisavang Vong de
Luangprabang. Les trois têtes d'éléphant représentent les trois royaumes
(rois) réunis. En lao on disait à l'époque "SAME TIAO LAO" (trois rois lao).
Drapeau actuel (à partir du 2/12/1975)

C'est le drapeau de l'armée
Pathetlao qui remplace l'ancien drapeau. Les motifs et couleurs traduisent les
faits suivants:
-Rouge sang : force populaire, les ressources naturelles.
-Le disque blanc = la lune ; le bleu = les eaux du Mékong et le rouge
représente le sang versé dans le combat pour la liberté, le bleu représente la
prospérité, et le blanc une pleine Lune au-dessus du Mékong, ainsi que l'unité
nationale sous le gouvernement et le parti.
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