DVARAVATI - - - TAKUAPA

 

2.7 LA PÉNINSULE MALAISE ET LE SIAM
 Dans le delta du Ménam, le royaume de Dvaravatî apparaît pleinement constitué au moins dès le VIIe siècle. Il englobe alors ces sites de Pra Pathom et de Pong Tuk où nous avons déjà vu se former un art bouddhique, mais il étendait encore son influence jusqu'au plateau de Korat, que les Khmers pour leur part commençaient de dominer en venant de l'est. Il est possible que la naissance politique du Dvaravatî corresponde à la dislocation du Fou-nan, qui jusque-là exerçait sa suzeraineté sur toute cette partie de l'Indochine. Mais il faut bien dire que nous ne savons pas grand-chose de l'art qui se développait là, sinon que le type du bouddha môn, issu des bronzes déjà étudiés, continuait sans doute de s'élaborer non sans marquer en retour, peut-être, certaines statues bouddhiques du Tchen-Ia.

De même les différents états de la Péninsule malaise continuaient de prospérer ; on doit y signaler, pour un court moment, un essor de la sculpture brahmanique des plus intéressants. On avait voulu y voir, en particulier avec le Vishnu de Takuapa, certains des tout premiers exemples de statuaire en Asie du Sud-Est. Il convient sans doute de nuancer cette appréciation. A tout le moins la majorité des pièces que l'on y trouve, ainsi qu'un groupe de sculptures venant du Siam continental, semblent davantage représenter le dernier courant d'influence que l'Inde exerça sur ces régions. En effet, les Vishnu et les Avalokitesvara en grès retrouvés par exemple à Si Maha Phot ( Prachinburi ) et à Pechaburi au Siam, à Vieng Sra et à Surat en Malaisie centrale, semblent dériver de l'art pallava, ou plus exactement d'un style indien qui fut à l'origine de l'art pallava durant les premières années du VIIe siècle. On sait, d'ailleurs, que les Pallavas furent de grands navigateurs, tout spécialement sous Narasimhavarman Ier - mort vers 655 -. Le trait le plus intéressant de ces statues, des Vishnu en particulier, est que en guise d'arc de soutien elles utilisent des étais latéraux de part et d'autre des jambes, dissimulés sous de larges coques et des retombées en tissu jaillissant de la ceinture. Il est possible que ces pièces aient influencé la première statuaire du Tchen-Ia. Elles disparaîtront très vite, sans postérité, et elles offrent donc surtout un intérêt historique en montrant la diversité des tentatives d'expression plastique qui virent le jour durant cette période en Indochine et même en Insulinde, car ces rondes bosses malaises ont des parallèles dans quelques Vishnu de Java et de Bali.

http://angkor.wat.online.fr/tchen-la.htm