|
Madeleine Giteau Nantes, 1918 Membre de 1956 à 1981 Madeleine Giteau obtient
une licence d’histoire et géographie ainsi qu’un diplôme d’études supérieures
de géographie, et envisage l’agrégation, mais son attrait pour l’Indochine la
pousse à accepter, en 1946, un poste d’enseignante au Cambodge. Elle
enseignera pendant dix ans l’histoire au lycée Sisowath de Phnom Penh, ainsi
qu’au lycée Descartes et à l’Institut national d’études juridiques.
Passionnée par l’histoire et l’archéologie, fascinée depuis toujours par
l’Extrême-Orient et douée pour le dessin, elle s’initie à l’histoire, à
l’archéologie et à l’iconographie locales, apprend le cambodgien – et se voit
bientôt demander d’enseigner aussi l’histoire de l’Asie du Sud-Est et la
civilisation cambodgienne. Lors d’un congé d’un an en
France, en 1951, elle commence des études de sanskrit à l’Institut de
civilisation indienne. Elle obtiendra un certificat d’études indiennes (1961)
et suivra plus tard, en 1970, des cours de pâli. Elle devient membre
correspondant de l’EFEO en 1952. En 1956, elle devient membre permanent et
est nommée Conservateur du musée national de Phnom Penh, poste qu’elle
conservera pendant dix ans, durée des accords passés en 1956 avec le
gouvernement royal du Cambodge. C’est durant cette période qu’elle rédige
deux fascicules du catalogue du musée. À partir de 1963, elle est chargée de
l’organisation du musée du monastère de Vat Po Veal, à Battambang, puis du
musée provincial dans la même ville. De 1966 à 1968, elle est chargée des
cours sur l’art khmer à la faculté d’archéologie de l’université royale des
beaux-arts. Dans le même temps, elle entreprend des recherches sur le
terrain, en particulier un inventaire des richesses artistiques des provinces
du Cambodge, portant spécialement sur les sanctuaires modernes possédant des
peintures murales. Ces recherches sont interrompues par les bouleversements
politiques de 1970. Entre 1956 et 1970, elle
est chargée de missions en Thaïlande, en Indonésie et surtout au Laos (dont
une mission de l’Unesco dans ce dernier pays). En mai 1968, à la demande du
roi Savang Vatthana, elle établit un catalogue des collections d’art
bouddhique du palais de Luang Prabang, dont elle fait une publication. Elle avait obtenu, en 1966,
un diplôme de l’EPHE, sous la direction de J. Filliozat et A. Barreau, avec
un mémoire sur la consécration des temples bouddhiques au Cambodge. De retour
en France en 1970, elle rédige une thèse sur l’iconographie du Cambodge
post-angkorien, sous la direction de C. Caillat et J. Boisselier. En mai
1974, elle obtient le titre de docteur d’État à l’université Paris-III. Son
mémoire et sa thèse sont publiés par l’EFEO. En 1977, elle est promue maître
de recherche à l’École. Elle quitte l’EFEO en 1981
pour occuper la chaire d’Histoire et civilisation de l’Asie du Sud et du
Sud-Est à l’université de Paris-III. Elle prend sa retraite en octobre 1985,
mais demeure professeur émérite de cette même université. Elle est envoyée en mission
par le ministère des Affaires étrangères en 1990, 1991 et 1992, lors de la
reprise de contact avec le gouvernement cambodgien. Toujours en mission des
Affaires étrangères, elle retourne au Cambodge en juillet 2000, à la demande
de la faculté royale d’archéologie de Phnom Penh. |
Publications 1956 Histoire du Cambodge, Paris, Hattier. 1960 Guide du musée national [de Phnom Penh], 2 vol. (1. La sculpture ; 2. Pièces archéologiques et stèles), Phnom Penh. 1965 Les Khmers. Sculptures khmères, reflets de la civilisation d’Angkor, Fribourg, Office du Livre. 1969 Le bornage rituel des temples bouddhiques au Cambodge, Paris, EFEO (PEFEO, 68), 153 p., 29 pl. 1974 Histoire d’Angkor, Paris, PUF (Que sais-je ?, 1580), [réimpr. Paris, Kailash, 1996]. 1975 Iconographie du Cambodge post-angkorien, Paris, EFEO (PEFEO, 100), 381 p., 88 pl. 1976 Angkor, un peuple, un art, Fribourg, Office du Livre. 1994 Regards sur Angkor, Paris, Éditions Chapitre Douze. 1997 (avec Danielle Guéret), L’art khmer, reflet des civilisations d’Angkor, Paris, ASA & Somogy. 2001 Art et archéologie du Laos, Paris, Picard.
voir : texte voir : L'Art khmer après Angkor |