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Jean Boisselier Paris, 1912 – Paris, 1996 Membre de 1949 à 1955 Petit-fils d’architecte et
fils de peintre, Jean Boisselier aurait découvert sa vocation pour l’art et
l’architecture de l’Asie du Sud-Est devant une reproduction du temple
d’Angkor Vat publiée dans l’Illustration, à l’occasion de l’exposition
coloniale de Marseille de 1922. Il entre à l’École des beaux-arts, où il suit
les cours de Paul Bellugue, auteur d’un article sur « L’anatomie des
formes et la statuaire khmère ancienne » (1924-1926) ; il devient
professeur de dessin avec l’espoir de rejoindre l’École des arts cambodgiens,
fondée par George Groslier. Au début de la guerre, il est rappelé en tant
qu’officier de réserve, mais il est fait prisonnier en juin 1940 et ne sera
libéré qu’en 1945. Durant sa captivité, il conserve des contacts avec le
musée Guimet et donne des cours de dessin et d’histoire de l’art khmer. À son
retour en France, Jean Boisselier suit l’enseignement de Philippe Stern à
l’École du Louvre, dont il obtient le diplôme avec une thèse sur l’évolution
de la statuaire khmère. En 1949, il part seconder
Henri Marchal à Angkor, où il ne restera cependant que quelques mois, car,
dès 1950, il est nommé Conservateur du musée de Phnom Penh, où il reprend
l’inventaire des collections et met en place un programme de restauration.
Délégué de l’EFEO au Cambodge en 1951, puis responsable de la direction
scientifique des travaux de la Conservation d’Angkor en 1953, il participe,
en 1955, au transfert de la direction du musée et de l’Institut bouddhique
aux autorités cambodgiennes. Il quitte alors le Cambodge pour se rendre tout
d’abord en Thaïlande, où il découvre les peintures murales des grandes
pagodes et s’intéresse au site d’Uthon et à la période de Dvâravatî. De retour à Paris, il démissionne
de l’EFEO pour entrer au CNRS et prendre la succession de Pierre Dupont à
l’Institut d’art et d’archéologie. Il y enseigne , tout en conduisant une
étude de la statuaire du Campa, dont, à la suite de Philippe Stern, il révise
la chronologie (1963). À partir de 1964, il reprend des missions ponctuelles
en Thaïlande, où il donne de nombreuses conférences à l’université de
Silpakorn et participe aux fouilles de Dambegoda au Sri Lanka. Après
l’éclatement de l’Institut d’art entre Paris-I, Paris-III et Paris-IV, il est
nommé directeur de l’UER Inde, Orient, Afrique et de la formation de
recherche « archéologie et civilisations de l’Asie du Sud et du
Sud-Est » de l’université Paris-III (1970-1980). Il est enfin nommé
membre du Conseil de l’université et docteur honoris causa de
l’université de Silpakorn en 1983. Jean Boisselier n’a
finalement passé que cinq ans au Cambodge et il a attendu près de dix ans
avant de retourner en Thaïlande. Pourtant, ces séjours l’ont conduit à une
grande sympathie avec les pays qu’il étudiait et à en adopter les principes
religieux. Par ailleurs, qu’il s’agisse de l’inventaire du musée de Phnom
Penh, de ses ouvrages sur la statuaire ou la peinture et, dans une
perspective plus large, de son manuel d’archéologie, ils sont par leur
précision textuelle et graphique des références indispensables pour tous ceux
qui s’intéressent à l’art de l’Asie du Sud-Est. |
Sources Arts asiatiques 51 (1996), p. 138-139 ; Jean Boisselier : dernier hommage, Bangkok, Université Silpakorn, 1996 ; bio-bibliographie dans Péninsule 32 (1996), p. 4-17 ; JA 285/1 (1997), p. 1-11. Publications 1947-50 « Garuda dans l’art khmer », BEFEO 44/1, p. 55-88. 1952 « Ben Mala et la chronologie des monuments du style d’Angkor Vat », BEFEO 46/1, p. 187-238. 1955 La statuaire khmère et
son évolution, Saigon, EFEO (PEFEO, 37), 322 p., 34 pl. et 114 pl. 1956 Tendances de l’Art
khmer. Commentaires sur 24 chefs-d’œuvre du musée de Phnom Penh, Paris, PUF
(Publ. du musée Guimet, Bibliothèque de diffusion, 42), 118 p., 24 pl. 1963 La statuaire du Champa.
Recherches sur les cultes et l’iconographie, Paris, EFEO (PEFEO, 54), 468 p.,
pl., cartes. 1966 Asie du Sud-Est : I. Le
Cambodge, Paris, Picard (Manuel d’archéologie d’Extrême-Orient, 1), 479 p. 1967 « Notes sur l’art
du bronze dans l’ancien Cambodge », Artibus Asiae 29/4, p. 275-334. 1974 La sculpture en
Thaïlande, Fribourg, Office du Livre (Bibliothèque des Arts), 267 p., 165
ill. 1976 (avec Jean-Michel
Beurdeley), La peinture en Thaïlande, Fribourg, Office du livre (Bibliothèque
des Arts), 272 p., 160 ill. 1986 Il Sud-Est asiatico,
Torino, Storia Universale dell’ Arte, 385 p., ill.
Introduction au Musée de Phnom Phen texte Encyclopédie Universelle
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