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INVITÉ D'HONNEUR
Inflationniste et redondante, fixe ou séquentielle ; souvent d'excellente qualité l'image passe. Elle circule pour répondre à cet appétit de consommation. Tel l'homme pressé, anonyme ; à qui l'on donne à manger dans un " Quickdonaldsnack ", qui se nourrit sans goûter ; le consommateur d'images glisse son regard de manière épidermique sans pouvoir trouver un point d'ancrage. Ainsi, l'insatisfaction provoquée par le désarroi né d'expédients, appelle à une dégustation nécessaire ; contrepoint équilibrant : là peut s'inscrire l'ART et L'ESTAMPE en particulier; image confidentielle. Prendre une estampe, y pénétrer et en jouir, palper le papier et saisir le relief de l'encre ; autant d'actes qui corroborent ceux du graveur. Au-delà du spectaculaire, saisir les subtilités du noir et blanc, c'est affiner la lecture d'un espace incisé, y trouver une forme de plaisir. Tel l'archet sur les cordes du violon, le burin joue du cuivre avec délice ; par la magie de l'impression il communique au contemplatif l'élan de la main créatrice. Le temps est alors retrouvé dans la plénitude de l'instant - le silence. Cet acte singulier du graveur dans un monde mutant, appartient à une constante de l'élan humain vers l'émerveillement. La vision pénétrante d'une gravure de Dürer ou de Rembrandt a toujours sa raison d'être dans le magasin de nouveautés qu'est devenu le monde contemporain. Honorons-nous de graver, d'oeuvrer dans l'intime, d'accorder de l'importance à la vie sensible. En restant " branchés au temps ", en accordant notre amour au passé pour mi . eux nous inscrire dans le futur, soyons sûr, d'être durables. La gravure est une oasis qui n'a rien de passéiste dans sa forme et sa fonction ; intemporelle ; elle est capable de nourrir la réalité intérieure de l'être, de part sa proximité et son intimité. Délectons-nous. Claire 9 ans - Mais tu es un artisan et on ne parle jamais de toi à la télévision C'est vrai que l'actualité privilégie d'autres moyens d'expression ; mais sais-tu qu'une petite gravure peut être aussi forte qu'un grand tableau ! On nous reproche aussi notre " technique ", mais elle est la dynamique nécessaire à nos gestes et crois bien que de faire les gestes d'un métier que l'on aime, que l'on a choisi est un authentique bonheur. Un jour, un poète demandait à une petite fille ce qu'elle préférait de la lune ou du soleil. A son haussement d'épaules le poète lui dit préférer la lune qui a la capacité de briller même lorsqu'il fait nuit! La gravure est peut-être cette lune qui brille comme une étoile. Claire regardait les étoiles. Je vais te confier un secret : Dans une gravure tu peux faire un très beau voyage. "à Propos de gravure" (extrait) Dominique SOSOLIC'
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dominique sosolic' : texte de février
1986
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